Le numérique, un levier de transition vers des modèles de développement plus durables
Sommaire
Le numérique pour gérer les territoires de manière plus durable
Le concept de smart city :
Le concept de smart city apparaît au début des années 2000. Il est d’abord développé par de grandes entreprises du numérique comme IBM, Cisco ou Siemens, mais aussi par des collectivités locales qui cherchent à mieux gérer la croissance des villes. À cette époque, les villes font face à plusieurs défis : augmentation de la population urbaine, pollution, embouteillages et forte consommation d’énergie. Le numérique apparaît alors comme une solution pour mieux organiser les territoires. Une smart city est donc une ville qui utilise les technologies numériques (capteurs, données, intelligence artificielle, applications) pour optimiser les ressources, améliorer la qualité de vie des habitants et rendre la ville plus durable sur le plan environnemental.

Top 5 des smart cities dans le monde :
- Singapour 🇸🇬 : référence mondiale pour la gestion intelligente du trafic, de l’énergie et de l’eau.
- Barcelone 🇪🇸 : pionnière en Europe, notamment pour l’éclairage intelligent et la gestion des déchets.
- Copenhague 🇩🇰 : smart city tournée vers la transition écologique et la neutralité carbone.
- Séoul 🇰🇷 : forte utilisation des données numériques pour les transports et les services aux citoyens.
- Paris 🇫🇷 : développement de mobilités durables et de quartiers intelligents.
Des villes plus efficaces : l’exemple de Barcelone :
À Barcelone, des capteurs numériques sont utilisés pour gérer l’éclairage public, la circulation et les déchets. Les lampadaires intelligents s’allument uniquement lorsque c’est nécessaire, ce qui réduit la consommation d’énergie. De plus, la gestion du trafic en temps réel permet de limiter les embouteillages et donc de réduire la pollution. Cet usage du numérique permet à la ville d’économiser des ressources tout en améliorant le cadre de vie des habitants.
Des bâtiments connectés et économes : l’exemple de Lyon Confluence :
Dans le quartier de Lyon Confluence, les immeubles sont équipés de systèmes numériques capables de réguler automatiquement le chauffage, l’éclairage et la climatisation. Ces technologies s’adaptent à la présence des occupants et aux conditions climatiques. Grâce à cela, la consommation d’énergie est fortement réduite. Le numérique permet donc de lutter contre le gaspillage énergétique et de rendre les bâtiments plus respectueux de l’environnement.
Des mobilités plus durables : l’exemple de Copenhague :
À Copenhague, les technologies numériques sont utilisées pour encourager les déplacements écologiques. Des applications aident les habitants à choisir les transports en commun ou le vélo, très développé dans la ville. La circulation est optimisée grâce aux données en temps réel, ce qui réduit l’usage de la voiture individuelle. Cela permet de diminuer les émissions de CO₂ liées aux déplacements et d’améliorer la qualité de l’air.
La smart city la plus avancée au monde : Singapour
Singapour est souvent considérée comme la smart city la plus avancée au monde car le numérique est intégré à tous les aspects de la vie urbaine. Dès les années 2010, l’État a lancé le programme « Smart Nation », avec des investissements très importants dès le début : la ville a investi plus de 3,4 milliards de dollars dans ses premières initiatives de smart city. Bien que les coûts initiaux soient importants, l’usage de technologies numériques durables permet ensuite de réduire les dépenses courantes.
Par exemple, les systèmes intelligents de gestion du trafic, de l’énergie et de l’eau aident à optimiser la consommation réelle, ce qui diminue les coûts de fonctionnement des services publics, et diminue le gaspillage énergétique. Tout ceci permet de faire des économies mais le numérique durable à Singapour permet avant tout d’améliorer la vie quotidienne. Dans l’enseignement supérieur, le programme Smart Nation a renforcé la formation aux métiers du numérique, a permis aux étudiants d’avoir de meilleurs outils technologiques à leur portée, tandis que, dans le domaine de la mobilité, Singapour a lancé des projets de véhicules autonomes comme les taxis sans conducteur.
https://www.lta.gov.sg/content/ltagov/en.html. Il est le site officiel de la Land Transport Authority (LTA), l’autorité gouvernementale de Singapour chargée de planifier, développer, gérer et entretenir les infrastructures et systèmes de transport terrestre du pays. Il propose des informations pratiques pour les usagers (transports publics, routes, pistes cyclables, outils de planification), ainsi que des actualités, projets, réglementations et ressources sur les politiques de mobilité.

Limites :
Le numérique permet de résoudre un certains nombres de problèmes mais peu aussi en créer.
Le coût économique est important : la mise en place des infrastructures numériques est très chère et demande des investissements constants. Ensuite, il existe des risques de piratage, par exemple lorsque des équipements technologiques comme des panneaux solaires ou des logiciels sont achetés à l’étranger et peuvent contenir des failles de sécurité. Le numérique pose aussi la question de la sécurité des données et de la vie privée, car de nombreuses informations personnelles sont collectées et stockées. Enfin, se pose le problème de la responsabilité en cas d’accident : lorsqu’un avion, un système automatisé ou une voiture autonome est impliqué, il est difficile de déterminer qui est responsable (le fabricant, le programme, ou l’utilisateur).
À Singapour, malgré un encadrement très strict des voitures autonomes, des incidents mineurs ont déjà eu lieu lors de tests, ce qui montre que ces technologies, bien que prometteuses, ne sont pas totalement sans danger et nécessitent une surveillance constante.
https://www.hitachienergy.com/ch/fr/news-and-events/perspectives/2021/02/shaping-a-smarter-singapore
Le numérique pour produire de manière plus écologique
Le numérique est aujourd’hui un levier majeur pour produire de manière plus écologique en transformant en profondeur les systèmes productifs. Dans l’agriculture, il est au cœur du développement de l’agriculture de précision. Grâce à des capteurs placés dans les sols, des drones ou des images satellites, de grandes quantités de données sont collectées puis analysées à l’aide de l’intelligence artificielle. Ces technologies permettent de connaître précisément l’humidité des sols, l’état de santé des cultures ou encore les besoins en nutriments des plantes.

Concrètement, cela permet d’adapter les apports au strict nécessaire : certaines exploitations parviennent ainsi à réduire leur consommation d’eau de 20 à 30 %, et l’utilisation d’engrais et de pesticides de 10 à 40 %, selon les cultures. Par exemple, l’arrosage peut être déclenché uniquement lorsque les capteurs détectent un réel besoin, ou ciblé sur des zones précises du champ plutôt que sur l’ensemble de la parcelle. Ces pratiques limitent les pollutions des sols et des nappes phréatiques tout en améliorant la durabilité de l’agriculture.
Dans l’industrie, le numérique permet également de rendre la production plus sobre et plus efficace. Les entreprises utilisent des logiciels et des systèmes connectés pour optimiser leurs chaînes de production, réduire les consommations d’énergie et limiter les pertes de matières premières. Selon certaines estimations, l’optimisation numérique peut permettre de réduire les déchets industriels de 10 à 20 %.

Un autre exemple clé est celui de la maintenance prédictive. En analysant en continu les données des machines (température, vibrations, usure), il devient possible d’anticiper les pannes avant qu’elles ne surviennent. Des groupes industriels comme Airbus ou Siemens utilisent déjà ces technologies pour prolonger la durée de vie des équipements, éviter des arrêts de production coûteux et réduire le gaspillage de ressources. La maintenance prédictive peut ainsi diminuer les coûts de maintenance de 15 à 30 % et limiter l’impact environnemental lié au remplacement prématuré des machines.
Le numérique pour encourager des modes de consommation plus durables
Tout d’abord, le numérique contribue à allonger la durée de vie des produits, ce qui constitue un enjeu central du développement durable. Le modèle de consommation dominant repose souvent sur une logique linéaire : produire, consommer, jeter. Or, grâce aux outils numériques, cette logique peut être remplacée par une approche plus circulaire. Les plateformes de reconditionnement comme Back Market permettent par exemple de remettre en état des appareils électroniques (smartphones, ordinateurs, tablettes) qui sont ensuite revendus à moindre coût. Cela réduit la nécessité de produire des appareils neufs, ce qui limite l’extraction de ressources naturelles rares et la production de déchets électroniques. De plus, Internet facilite l’accès à des tutoriels de réparation (YouTube, forums spécialisés), à des communautés d’entraide ou à des plateformes de pièces détachées comme SOS Accessoire. Les consommateurs peuvent ainsi réparer plutôt que remplacer leurs objets. Les plateformes de seconde main telles que Vinted, Leboncoin ou eBay jouent aussi un rôle clé : vêtements, meubles, équipements ou livres peuvent changer de propriétaire plusieurs fois, prolongeant leur cycle de vie. Le numérique soutient ainsi le développement d’une économie circulaire, dans laquelle les biens restent plus longtemps en usage.

Ensuite, le numérique favorise le développement de l’économie du partage, qui repose sur la mutualisation plutôt que sur la possession individuelle. De nombreux biens sont en effet peu utilisés, comme les voitures ou certains outils, alors que leur production mobilise des ressources importantes. Les plateformes numériques rendent possible la mise en relation rapide entre particuliers. Le covoiturage, avec des plateformes comme BlaBlaCar, permet à plusieurs personnes de partager un même trajet, ce qui réduit le nombre de véhicules sur la route. L’autopartage (ex : Getaround) fonctionne sur le même principe. Il existe également des plateformes de location d’objets ou d’équipements entre particuliers. Cette évolution s’inscrit dans une logique d’économie de la fonctionnalité, où l’on privilégie l’usage d’un service plutôt que la propriété d’un objet. Le numérique apparaît donc comme un outil essentiel pour organiser cette mutualisation à grande échelle et réduire la production de biens.

Enfin, le numérique contribue à rendre le consommateur plus informé et plus acteur de la transition écologique. Les applications mobiles permettent d’accéder à des informations sur l’origine des produits, leurs conditions de fabrication ou leur impact environnemental. Par exemple, des applications comme Yuka ou Clear Fashion renseignent sur la composition et l’impact de certains produits, notamment alimentaires ou vestimentaires. D’autres outils proposent de calculer l’empreinte carbone de ses activités ou de ses déplacements. Cette transparence renforce la capacité des individus à orienter leurs choix vers des produits plus respectueux de l’environnement. Le numérique facilite aussi la comparaison entre différentes offres, ce qui peut encourager les entreprises à adopter des pratiques plus durables pour répondre à une demande plus exigeante. Le consommateur n’est plus seulement un acheteur passif : il devient un acteur éclairé, capable d’influencer les modes de production par ses décisions.