Les arnaques sur internet et l’économie derrière ces fraudes (B)

 Les arnaques sur internet et l’économie derrière ces fraudes

  • Les arnaques les plus fréquentes sur internet
  • Une véritable économie organisée derrière les arnaques

Les arnaques les plus fréquentes sur internet

Aujourd’hui, internet occupe une place centrale dans notre vie quotidienne. On l’utilise pour communiquer, acheter, travailler ou encore gérer notre argent. Mais derrière cette simplicité d’utilisation, il existe aussi une réalité plus inquiétante : internet est devenu un espace privilégié pour les escroqueries.

En réalité, les arnaques en ligne ne sont pas nouvelles. Dès les débuts d’internet, dans les années 1990, certaines fraudes existaient déjà, notamment avec des messages promettant des gains d’argent faciles. Mais avec le développement des réseaux sociaux, des paiements en ligne et des nouvelles technologies, ces arnaques ont profondément évolué. Elles sont devenues beaucoup plus nombreuses, mais surtout beaucoup plus sophistiquées.

Aujourd’hui, elles touchent des millions de personnes dans le monde. Certaines victimes perdent quelques euros, mais d’autres peuvent perdre des sommes très importantes, parfois toute leur épargne. Cela nous amène donc à nous poser la question suivante :

Comment fonctionnent les arnaques sur internet, et quelle économie se cache derrière ces fraudes ?

Tout d’abord, il existe plusieurs types d’arnaques très répandues sur internet.

Pour commencer, il faut comprendre que les arnaques reposent souvent sur des mécanismes assez simples, mais très efficaces. L’un des exemples les plus connus est le phishing, aussi appelé hameçonnage.

C’est une technique de fraude apparue dans les années 1990, notamment autour de 1996 avec les premières attaques sur des services comme AOL. À ses débuts, il consistait principalement à envoyer de faux messages pour voler des mots de passe.

Aujourd’hui, le phishing a beaucoup évolué et se présente sous des formes variées : faux e-mails imitant des banques ou des administrations, SMS frauduleux (smishing), appels téléphoniques (vishing), ou encore messages sur les réseaux sociaux. Les escrocs utilisent des techniques de plus en plus crédibles pour manipuler leurs victimes et récupérer des informations sensibles comme des identifiants ou des données bancaires.

Mais parmi les arnaques les plus marquantes, on peut évoquer les arnaques sentimentales, aussi appelées “romance scams”. Ce phénomène s’est surtout développé à partir des années 2010, avec la popularité croissante des plateformes en ligne, et continue aujourd’hui de faire de nombreuses victimes.

Avec le développement d’Internet, ces arnaques se sont fortement multipliées, en particulier sur les réseaux sociaux et les sites de rencontre.

Dans ce cas, les escrocs créent une relation avec leur victime, parfois pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois. Ils prennent le temps d’installer une véritable confiance, voire un attachement émotionnel, en se montrant attentionnés, disponibles et rassurants. Une fois ce lien établi, ils inventent des situations d’urgence (problèmes de santé, frais de voyage, difficultés financières) pour demander de l’argent. Cette forme d’arnaque repose donc avant tout sur la manipulation des sentiments et de la confiance, ce qui la rend particulièrement efficace et souvent difficile à détecter.

On estime que les arnaques sentimentales font des milliers, voire des millions de victimes dans le monde. En France, certaines estimations récentes évoquent plus de 200 000 victimes en 2024, mais ce chiffre reste approximatif car une grande partie des personnes concernées ne portent pas plainte. En effet, ces arnaques reposent sur des sentiments très personnels, ce qui rend la situation difficile à assumer : beaucoup de victimes ressentent de la honte ou de la culpabilité et préfèrent ne pas en parler. Cela signifie que les chiffres réels sont probablement encore plus élevés.

Une arnaque dans laquelle un escroc s’est fait passer pour l’acteur Brad Pitt. Dans cette affaire, une femme appelée Anne pensait discuter avec la célèbre star. L’escroc utilisait des photos et des messages crédibles pour rendre la situation réaliste. Une fois la relation installée, il a inventé des problèmes personnels et a demandé de l’argent. Après avoir gagné sa confiance, il a demandé de l’argent pour résoudre de faux problèmes personnels. Elle aurait versé plus de 830 000 euros au total.

Cette affaire montre que les escrocs ne se contentent pas de techniques informatiques : ils utilisent aussi la psychologie et les émotions pour manipuler leurs victimes.

https://youtu.be/8Ongmg3hEFg?si=mDKYLvED27GSn0cr

Ce point est essentiel, car il montre que les arnaques reposent avant tout sur une compréhension fine du comportement humain. Les escrocs savent comment créer de la confiance, provoquer de l’urgence ou susciter de l’empathie. C’est ce qui les rend particulièrement efficaces.

Mais au-delà de ces mécanismes, il est important de comprendre que ces arnaques s’inscrivent dans une véritable logique économique. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il ne s’agit pas seulement d’individus isolés. Dans de nombreux cas, ces activités sont organisées de manière très structurée.


L’économie de l’ombre : quand l’arnaque devient une industrie mondiale

Les arnaques sur internet ne sont plus des actes isolés commis par des individus isolés. Elles s’inscrivent aujourd’hui dans une véritable économie mondialisée, structurée et en constante expansion. Avec un coût mondial estimé à plus de 10 000 milliards de dollars par an, le cybercrime est devenu un marché à part entière, dépassant largement le cadre de la simple délinquance informatique.

Une organisation calquée sur le modèle de l’entreprise

Derrière ces fraudes, on trouve des réseaux de cybercriminels dont le fonctionnement imite celui des entreprises légitimes. On y observe une division du travail très précise :

  • Les techniciens : chargés de concevoir les outils frauduleux (faux sites, logiciels de piratage, kits de phishing prêts à l’emploi).
  • Les créatifs et rédacteurs : spécialisés dans la rédaction de messages convaincants et la création de faux profils. Ils utilisent des « scripts » de communication, à l’image des services clients professionnels, pour manipuler psychologiquement les victimes.
  • Les opérateurs : chargés de contacter directement les victimes et de gérer la relation pour maximiser les gains.
  • Les financiers : des intermédiaires spécialisés dans le blanchiment d’argent et la gestion des transactions, souvent via des crypto-monnaies, pour rendre les profits difficiles à tracer.

Un « marché noir » de la fraude

Cette professionnalisation a donné naissance à un véritable marché noir. Sur des plateformes clandestines, n’importe qui peut désormais acheter des données personnelles volées ou des « kits d’arnaque » clés en main. Cela permet à des individus peu expérimentés de lancer des fraudes complexes avec une grande facilité.

L’efficacité est renforcée par l’usage de technologies avancées : l’intelligence artificielle est aujourd’hui utilisée pour générer des messages de plus en plus crédibles, tandis que les bases de données piratées permettent un ciblage chirurgical des victimes.

Des profits colossaux et une logique de rentabilité

L’objectif est clair : optimiser les résultats et maximiser les profits. Certaines fraudes, comme les arnaques sentimentales, sont particulièrement privilégiées car elles s’inscrivent dans la durée et permettent d’extorquer des sommes massives.

Les chiffres sont vertigineux. Rien qu’aux États-Unis, le FBI estime que les pertes ont dépassé 16 milliards de dollars en 2024. Pourtant, ce montant ne représente que la partie émergée de l’iceberg, car une grande partie des victimes n’ose pas porter plainte.

Un défi mondial difficile à relever

Si ce secteur est aussi attractif pour les criminels, c’est qu’il combine une forte rentabilité avec un risque faible. L’anonymat offert par internet, la dimension internationale des réseaux et l’usage de paiements numériques rapides rendent les enquêtes extrêmement complexes.

En conclusion, les arnaques en ligne représentent aujourd’hui un phénomène massif qui repose sur une logique de marché pure : test de méthodes, recherche d’efficacité et adaptation permanente aux nouvelles technologies. Comprendre que nous faisons face à une industrie organisée est essentiel pour mieux saisir les enjeux de sécurité dans notre monde numérique actuel.

Comment se protéger face aux arnaques numériques ?

Sources
https://fr.norton.com/blog/online-scams/what-is-phishing

https://www.mad2moi.com/brouteurs?utm_source

https://numeriqueethique.fr/ressources/fiches-pratiques/comment-eviter-arnaques-achats-en-ligne

https://cybersecurityventures.com/cybercrime-damage-costs-10-trillion-by-2025/

https://www.ic3.gov/Media/PDF/AnnualReport/2023_IC3Report.pdf

https://www.statista.com/statistics/1286238/estimated-cost-of-cybercrime-worldwide/

Thème 3 : Le numérique durable (A)


 Le numérique, un levier de transition vers des modèles de développement plus durables

  • Le numérique pour gérer les territoires de manière plus durable
  • Le numérique pour produire de manière plus écologique
  • Le numérique pour encourager des modes de consommation plus durables
Jusqu’à 20 %
d’économies d’énergie peuvent être réalisées grâce aux réseaux intelligents qui utilisent le numérique pour mieux ajuster la production et la consommation d’électricité.
Environ 1 ggtonne de CO₂
pourrait être évitée à l’échelle mondiale grâce aux usages numériques comme le télétravail, la gestion intelligente des transports et l’optimisation des bâtiments.
Plus de 30 %
de réduction de la consommation d’eau est possible dans certaines villes grâce aux systèmes numériques de détection des fuites et de gestion intelligente des réseaux.

Le numérique pour gérer les territoires de manière plus durable

Le concept de smart city :

Le concept de smart city apparaît au début des années 2000. Il est d’abord développé par de grandes entreprises du numérique comme IBM, Cisco ou Siemens, mais aussi par des collectivités locales qui cherchent à mieux gérer la croissance des villes. À cette époque, les villes font face à plusieurs défis : augmentation de la population urbaine, pollution, embouteillages et forte consommation d’énergie. Le numérique apparaît alors comme une solution pour mieux organiser les territoires. Une smart city est donc une ville qui utilise les technologies numériques (capteurs, données, intelligence artificielle, applications) pour optimiser les ressources, améliorer la qualité de vie des habitants et rendre la ville plus durable sur le plan environnemental.

Top 5 des smart cities dans le monde :

  1. Singapour 🇸🇬 : référence mondiale pour la gestion intelligente du trafic, de l’énergie et de l’eau.
  2. Barcelone 🇪🇸 : pionnière en Europe, notamment pour l’éclairage intelligent et la gestion des déchets.
  3. Copenhague 🇩🇰 : smart city tournée vers la transition écologique et la neutralité carbone.
  4. Séoul 🇰🇷 : forte utilisation des données numériques pour les transports et les services aux citoyens.
  5. Paris 🇫🇷 : développement de mobilités durables et de quartiers intelligents.

À Barcelone, des capteurs numériques sont utilisés pour gérer l’éclairage public, la circulation et les déchets. Les lampadaires intelligents s’allument uniquement lorsque c’est nécessaire, ce qui réduit la consommation d’énergie. De plus, la gestion du trafic en temps réel permet de limiter les embouteillages et donc de réduire la pollution. Cet usage du numérique permet à la ville d’économiser des ressources tout en améliorant le cadre de vie des habitants.

Dans le quartier de Lyon Confluence, les immeubles sont équipés de systèmes numériques capables de réguler automatiquement le chauffage, l’éclairage et la climatisation. Ces technologies s’adaptent à la présence des occupants et aux conditions climatiques. Grâce à cela, la consommation d’énergie est fortement réduite. Le numérique permet donc de lutter contre le gaspillage énergétique et de rendre les bâtiments plus respectueux de l’environnement.

À Copenhague, les technologies numériques sont utilisées pour encourager les déplacements écologiques. Des applications aident les habitants à choisir les transports en commun ou le vélo, très développé dans la ville. La circulation est optimisée grâce aux données en temps réel, ce qui réduit l’usage de la voiture individuelle. Cela permet de diminuer les émissions de CO₂ liées aux déplacements et d’améliorer la qualité de l’air.

Singapour est souvent considérée comme la smart city la plus avancée au monde car le numérique est intégré à tous les aspects de la vie urbaine. Dès les années 2010, l’État a lancé le programme « Smart Nation », avec des investissements très importants dès le début : la ville a investi plus de 3,4 milliards de dollars dans ses premières initiatives de smart city. Bien que les coûts initiaux soient importants, l’usage de technologies numériques durables permet ensuite de réduire les dépenses courantes.

Par exemple, les systèmes intelligents de gestion du trafic, de l’énergie et de l’eau aident à optimiser la consommation réelle, ce qui diminue les coûts de fonctionnement des services publics, et diminue le gaspillage énergétique. Tout ceci permet de faire des économies mais le numérique durable à Singapour permet avant tout d’améliorer la vie quotidienne. Dans l’enseignement supérieur, le programme Smart Nation a renforcé la formation aux métiers du numérique, a permis aux étudiants d’avoir de meilleurs outils technologiques à leur portée, tandis que, dans le domaine de la mobilité, Singapour a lancé des projets de véhicules autonomes comme les taxis sans conducteur.

https://www.lta.gov.sg/content/ltagov/en.html. Il est le site officiel de la Land Transport Authority (LTA), l’autorité gouvernementale de Singapour chargée de planifier, développer, gérer et entretenir les infrastructures et systèmes de transport terrestre du pays. Il propose des informations pratiques pour les usagers (transports publics, routes, pistes cyclables, outils de planification), ainsi que des actualités, projets, réglementations et ressources sur les politiques de mobilité.

Limites :

Le numérique permet de résoudre un certains nombres de problèmes mais peu aussi en créer. 
Le coût économique est important : la mise en place des infrastructures numériques est très chère et demande des investissements constants. Ensuite, il existe des risques de piratage, par exemple lorsque des équipements technologiques comme des panneaux solaires ou des logiciels sont achetés à l’étranger et peuvent contenir des failles de sécurité. Le numérique pose aussi la question de la sécurité des données et de la vie privée, car de nombreuses informations personnelles sont collectées et stockées. Enfin, se pose le problème de la responsabilité en cas d’accident : lorsqu’un avion, un système automatisé ou une voiture autonome est impliqué, il est difficile de déterminer qui est responsable (le fabricant, le programme, ou l’utilisateur).
À Singapour, malgré un encadrement très strict des voitures autonomes, des incidents mineurs ont déjà eu lieu lors de tests, ce qui montre que ces technologies, bien que prometteuses, ne sont pas totalement sans danger et nécessitent une surveillance constante.

https://www.hitachienergy.com/ch/fr/news-and-events/perspectives/2021/02/shaping-a-smarter-singapore


Le numérique pour produire de manière plus écologique

Le numérique est aujourd’hui un levier majeur pour produire de manière plus écologique en transformant en profondeur les systèmes productifs. Dans l’agriculture, il est au cœur du développement de l’agriculture de précision. Grâce à des capteurs placés dans les sols, des drones ou des images satellites, de grandes quantités de données sont collectées puis analysées à l’aide de l’intelligence artificielle. Ces technologies permettent de connaître précisément l’humidité des sols, l’état de santé des cultures ou encore les besoins en nutriments des plantes.

Concrètement, cela permet d’adapter les apports au strict nécessaire : certaines exploitations parviennent ainsi à réduire leur consommation d’eau de 20 à 30 %, et l’utilisation d’engrais et de pesticides de 10 à 40 %, selon les cultures. Par exemple, l’arrosage peut être déclenché uniquement lorsque les capteurs détectent un réel besoin, ou ciblé sur des zones précises du champ plutôt que sur l’ensemble de la parcelle. Ces pratiques limitent les pollutions des sols et des nappes phréatiques tout en améliorant la durabilité de l’agriculture.

Dans l’industrie, le numérique permet également de rendre la production plus sobre et plus efficace. Les entreprises utilisent des logiciels et des systèmes connectés pour optimiser leurs chaînes de production, réduire les consommations d’énergie et limiter les pertes de matières premières. Selon certaines estimations, l’optimisation numérique peut permettre de réduire les déchets industriels de 10 à 20 %.

Un autre exemple clé est celui de la maintenance prédictive. En analysant en continu les données des machines (température, vibrations, usure), il devient possible d’anticiper les pannes avant qu’elles ne surviennent. Des groupes industriels comme Airbus ou Siemens utilisent déjà ces technologies pour prolonger la durée de vie des équipements, éviter des arrêts de production coûteux et réduire le gaspillage de ressources. La maintenance prédictive peut ainsi diminuer les coûts de maintenance de 15 à 30 % et limiter l’impact environnemental lié au remplacement prématuré des machines.

Le numérique pour encourager des modes de consommation plus durables


Tout d’abord, le numérique contribue à allonger la durée de vie des produits, ce qui constitue un enjeu central du développement durable. Le modèle de consommation dominant repose souvent sur une logique linéaire : produire, consommer, jeter. Or, grâce aux outils numériques, cette logique peut être remplacée par une approche plus circulaire. Les plateformes de reconditionnement comme Back Market permettent par exemple de remettre en état des appareils électroniques (smartphones, ordinateurs, tablettes) qui sont ensuite revendus à moindre coût. Cela réduit la nécessité de produire des appareils neufs, ce qui limite l’extraction de ressources naturelles rares et la production de déchets électroniques. De plus, Internet facilite l’accès à des tutoriels de réparation (YouTube, forums spécialisés), à des communautés d’entraide ou à des plateformes de pièces détachées comme SOS Accessoire. Les consommateurs peuvent ainsi réparer plutôt que remplacer leurs objets. Les plateformes de seconde main telles que Vinted, Leboncoin ou eBay jouent aussi un rôle clé : vêtements, meubles, équipements ou livres peuvent changer de propriétaire plusieurs fois, prolongeant leur cycle de vie. Le numérique soutient ainsi le développement d’une économie circulaire, dans laquelle les biens restent plus longtemps en usage.

Ensuite, le numérique favorise le développement de l’économie du partage, qui repose sur la mutualisation plutôt que sur la possession individuelle. De nombreux biens sont en effet peu utilisés, comme les voitures ou certains outils, alors que leur production mobilise des ressources importantes. Les plateformes numériques rendent possible la mise en relation rapide entre particuliers. Le covoiturage, avec des plateformes comme BlaBlaCar, permet à plusieurs personnes de partager un même trajet, ce qui réduit le nombre de véhicules sur la route. L’autopartage (ex : Getaround) fonctionne sur le même principe. Il existe également des plateformes de location d’objets ou d’équipements entre particuliers. Cette évolution s’inscrit dans une logique d’économie de la fonctionnalité, où l’on privilégie l’usage d’un service plutôt que la propriété d’un objet. Le numérique apparaît donc comme un outil essentiel pour organiser cette mutualisation à grande échelle et réduire la production de biens.


Enfin, le numérique contribue à rendre le consommateur plus informé et plus acteur de la transition écologique. Les applications mobiles permettent d’accéder à des informations sur l’origine des produits, leurs conditions de fabrication ou leur impact environnemental. Par exemple, des applications comme Yuka ou Clear Fashion renseignent sur la composition et l’impact de certains produits, notamment alimentaires ou vestimentaires. D’autres outils proposent de calculer l’empreinte carbone de ses activités ou de ses déplacements. Cette transparence renforce la capacité des individus à orienter leurs choix vers des produits plus respectueux de l’environnement. Le numérique facilite aussi la comparaison entre différentes offres, ce qui peut encourager les entreprises à adopter des pratiques plus durables pour répondre à une demande plus exigeante. Le consommateur n’est plus seulement un acheteur passif : il devient un acteur éclairé, capable d’influencer les modes de production par ses décisions.

thème 2 les impacts économiques, groupe B

les impacts économiques, groupe B

Thème 1 Thème 2 Thème 3

1. L’essor des plateformes : une nouvelle forme d’économie

💡 Qu’est-ce qu’une plateforme numérique ?
Les Plateformes numériques peuvent être définies comme un ensemble d’applications conçues pour contenir et faciliter l’utilisation croisée et l’accès à d’autres applications incluses sur la plate-forme.
C’est donc un service en ligne qui met en relation plusieurs types d’utilisateurs, particuliers ou professionnels, sans posséder directement les biens ou services échangés.
Souvent, elle agit comme un intermédiaire entre l’offre et la demande, en facilitant la transaction via une interface numérique simple et rapide. Il s’agit généralement de places de marché et de plateformes de vente. Le fournisseur de la plateforme permet aux fournisseurs de publier des services et des produits, et aux utilisateurs de répondre à ces offres.

Ces plateformes se distinguent par leur capacité à créer des écosystèmes d’échanges à grande échelle, souvent mondiaux.

  • Plateformes de freelance
  • Réseaux sociaux 
  • Places de marché
  • Plateformes d’apprentissage en ligne
  • Plateformes de jeux
  • Plateformes de financement participatif
  • Plateformes de commerce électronique 

Exemples concrets emblématiques :

  • Uber : met en relation des chauffeurs et des passagers.
  • Airbnb : relie des hébergeurs et des voyageurs.
  • Amazon : connecte des vendeurs et des acheteurs.
  • YouTube : diffuse les contenus des créateurs.
  • Spotify : relie des artistes et des auditeurs.

Les plateformes numériques se sont développées rapidement au début des années 2000, grâce à :

  • la généralisation d’internet haut débit, qui permet aux entreprises d’offrir des services fiables et rapides.
  • la démocratisation des smartphones, les plateformes deviennent accessibles partout et tout le temps
  • l’essor des réseaux sociaux, diffusant des usages fondés sur la participation, les données et les effets de réseau. Ces pratiques ont servi de modèle économique et technique aux plateformes numériques.

Des géants comme Google, Amazon, Facebook ou eBay ont ouvert la voie à une nouvelle économie connectée, basée sur la mise en réseau des utilisateurs et la valorisation des données.
Aujourd’hui, ces plateformes se sont imposées dans presque tous les domaines : transport, logement, commerce, culture, musique, emploi…

Un chiffre issu du rapport de l’Organisation internationale du travail (OIT), publié ce mardi, montre l’étendue du phénomène : au cours de la dernière décennie, le nombre de plateformes numériques a quintuplé.

Les caractéristiques clés des plateformes

  1. L’intermédiation → La plateforme met en contact l’offre et la demande, tout en prenant une commission sur la transaction.
  2. Les effets de réseau → Plus il y a d’utilisateurs, plus la plateforme devient utile, fiable et attractive.
  3. L’économie du partage → Les plateformes favorisent les échanges entre particuliers, la mutualisation des ressources et parfois une consommation plus durable.

C’est cette combinaison qui rend les plateformes si puissantes et rapidement dominantes.

🌍 Une transformation profonde de l’économie traditionnelle

Les plateformes ont bouleversé les modèles économiques classiques.
Elles ont introduit un phénomène de désintermédiation, c’est-à-dire la suppression des intermédiaires traditionnels.

  • Uber contourne les compagnies de taxi.
  • Airbnb concurrence directement les hôtels.
  • Vinted remplace les boutiques de revente physique.

Elles ont aussi fait émerger de nouveaux métiers (chauffeurs indépendants, livreurs, créateurs de contenu, influenceurs…) et créé de nouvelles formes de concurrence, souvent plus flexibles, mais aussi plus précaires sur le plan social.

D’un côté, elles offrent, explique selon un rapport de l’OIT, « de nouvelles possibilités d’emploi, y compris pour les femmes, les personnes en situation de handicap, les jeunes » et elles « permettent aux entreprises d’accéder à une main d’œuvre abondante et flexible. »
Mais il y a aussi une face un peu plus sombre en matière de droits sociaux. « Cadences effrénées, faible salaires, écart de rémunérations selon le genre », les conditions de travail peuvent aussi en prendre un coup.

Les plateformes sont donc à la fois sources d’innovation et de débats sur la régulation du travail, la fiscalité et la concurrence loyale.

Les impacts économiques en quelques chiffres:

+15 700
milliards de dollars

C’est le montant que l’IA pourrait ajouter à l’économie mondiale d’ici 2030. Cela représente une augmentation de 14 % du PIB mondial. grâce aux gains de productivité

(Selon PwC)

3L
d’eau pour 10 à 50 questions

Une simple conversation de 10 à 50 questions avec un modèle comme GPT-4 consomme environ 500 ml d’eau C’est un coût économique « caché » majeur lié aux ressources naturelles.

(Selon une étude de l’Université de Californie,

3 300
milliards de dollars

C’est la capitalisation boursière record atteinte par Nvidia en 2024. Ce chiffre montre que, pour l’instant, les plus gros gagnants économiques de l’IA sont ceux qui fabriquent le matériel. Cela confirme ton point sur la concentration extrême des richesses.

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2. Les effets économiques négatifs de l’IA

L’IA favorise une structure de marché dite « gagnant-gagnant » (winner-take-all), où une poignée de firmes (principalement les GAFAM) captent l’essentiel de la valeur. Selon l’Autorité de la concurrence française (avis du 10 juin 2024), la maîtrise des données massives et des services de cloud crée des barrières à l’entrée insurmontables pour les PME. Ce déséquilibre risque d’étouffer l’innovation locale, les petites entreprises étant souvent rachetées ou marginalisées par manque de puissance de calcul.

exemple : Le partenariat Microsoft et Mistral AI

L’exemple le plus frappant est celui de la start-up française Mistral AI. Bien qu’elle soit le champion européen de l’IA, elle a dû conclure un partenariat avec l’américain Microsoft en 2024 pour accéder à la puissance de calcul nécessaire. Cela illustre la dépendance des petits acteurs envers les géants (Microsoft, Google, Amazon) qui possèdent les infrastructures, renforçant leur contrôle sur tout l’écosystème.

Le déploiement de l’IA exige des investissements colossaux en processeurs (GPU) et en centres de données ultra-énergivores. Le rapport de la Commission de l’intelligence artificielle ( souligne que ces coûts d’infrastructure pèsent sur la rentabilité à court terme. En France, la transition vers une IA souveraine nécessite des milliards d’euros de fonds publics et privés pour compenser la dépendance technologique et énergétique, créant une pression financière inédite sur le secteur numérique.

exemple : Le supercalculateur « Alice Recoque »

Pour ne pas dépendre totalement des États-Unis, la France investit massivement, comme avec l’annonce du supercalculateur Alice Recoque. Le coût d’achat et d’entretien de ces machines, équipées de milliers de puces Nvidia (GPU), se chiffre en centaines de millions d’euros. À cela s’ajoute la facture énergétique : un centre de données consomme autant d’électricité qu’une petite ville, ce qui représente un obstacle financier majeur pour tout nouvel entrant. L’investissement total pour cette machine est estimé à environ 540 millions d’euros.

L’enthousiasme pour l’IA générative a entraîné une envolée des valorisations de start-ups, parfois déconnectées de leurs revenus réels. Les analystes de la Banque de France et de BNP Paribas ont alerté sur cet « effet de mode » qui pousse les investisseurs à injecter des capitaux massifs dans des projets dont la viabilité économique n’est pas prouvée. Si les gains de productivité promis tardent à se matérialiser, une correction brutale du marché pourrait survenir, rappelant la bulle internet des années 2000.

exemple : Les valorisations de « licornes » sans profit

On observe des levées de fonds records pour des start-ups n’ayant pas encore de modèle économique rentable. Par exemple, la start-up H (ex-Holistic AI), basée à Paris, a levé 220 millions de dollars dès sa création en 2024, sur la seule promesse de ses fondateurs et de la technologie. Si ces entreprises ne parviennent pas à générer des revenus réels rapidement, les investisseurs risquent de se retirer brusquement, provoquant un krach sectoriel.

L’IA risque de creuser le fossé entre les entreprises « superstars » et le reste de l’économie, mais aussi entre les nations. Selon une note du Conseil d’Analyse Économique (CAE), l’automatisation par l’IA pourrait accentuer la polarisation du marché du travail en France, favorisant les hauts revenus tout en déclassant les professions intermédiaires. À l’échelle mondiale, les pays ne disposant pas d’infrastructures numériques de pointe risquent un décrochage économique définitif par rapport aux puissances technologiques.

La fracture numérique dans les PME françaises

Une étude de l’INSEE et de Bpifrance montre que les grandes entreprises du CAC 40 intègrent déjà l’IA pour optimiser leur logistique ou leur marketing, gagnant ainsi en compétitivité. À l’inverse, beaucoup de PME et commerçants français, faute de moyens financiers ou de compétences techniques, restent à l’écart. Ce retard crée un fossé de productivité : les grandes entreprises deviennent plus riches et efficaces, tandis que les petites peinent à survivre.

3. Les scénarios économiques possibles pour l’avenir de l’IA

Aujourd’hui, les plateformes numériques occupent une place centrale dans notre quotidien : elles facilitent la communication, le commerce, le divertissement et les services. Derrière ces services souvent gratuits ou faciles d’accès, se cachent des modèles économiques variés qui permettent à ces entreprises de générer des revenus et de se développer rapidement.
Comprendre ces modèles est essentiel pour analyser la logique de croissance des plateformes et les enjeux économiques, sociaux et fiscaux qu’elles soulèvent.

  • L’IA devient omniprésente dans les entreprises et les administrations.
  • Gains de productivité massifs → forte croissance économique.
  • Mais : fortes inégalités si les politiques d’accompagnement ne suivent pas.

Le rapport de la Commission de l’intelligence artificielle (France, mars 2024), intitulé « IA : notre ambition pour la France ». Il prévoit que l’IA pourrait ajouter entre 250 et 420 milliards d’euros au PIB français d’ici 10 ans. De plus, une étude de Goldman Sachs (2023) largement reprise par les économistes français, qui estime que l’IA pourrait augmenter le PIB mondial de 7 % sur une période de 10 ans grâce aux gains de productivité.

  • Les investissements continuent d’exploser → surévaluation.
  • Dans quelques années, effondrement du marché pour les projets IA non rentables.
  • Stabilisation ensuite, comme après la bulle Internet.

Dans le rapport du Conseil de stabilité financière (FSB) et les notes de conjoncture de la Banque de France, les économistes y comparent souvent l’effervescence actuelle à la « bulle Internet » des années 2000, prévenant qu’un assainissement du marché est inévitable pour les entreprises sans modèle économique viable. De plus, Vincent Vicard, économiste français spécialisé dans l’économie mondiale, souligne régulièrement les risques de surévaluation des actifs technologiques liés à l’IA.

  • Quelques géants (US, Chine) contrôlent toute l’IA.
  • Les autres pays deviennent dépendants technologiquement.
  • Croissance élevée, mais économie mondialement déséquilibrée.

L’avis de l’Autorité de la concurrence (France, juin 2024) sur le fonctionnement concurrentiel du secteur de l’IA générative détaille comment l’accès aux données et à la puissance de calcul crée un risque de verrouillage du marché par les géants du numérique (Cloud hyperscalers). Les travaux de l’OCDE (basée à Paris) sur l’économie numérique, qui mettent en garde contre le risque de dépendance technologique des pays n’ayant pas leur propre infrastructure d’IA, menant à une souveraineté numérique affaiblie.

  • Les États régulent intelligemment.
  • Les entreprises adoptent l’IA progressivement et forment les travailleurs.
  • La société bénéficie de l’IA sans destructions massives d’emplois.

L’IA Act de l’Union européenne (2024) est un texte législatif étant la pierre angulaire de ce scénario : il vise à réguler les risques tout en favorisant l’innovation, afin d’intégrer l’IA de manière éthique et progressive dans la société. Le rapport de France Stratégie (organisme rattaché au Premier ministre) sur l’impact de l’IA sur le travail, préconise une montée en compétences des salariés (formation continue) pour que l’IA soit complémentaire à l’humain plutôt que de le remplacer brutalement.

Ouverture : Est-ce que l’IA a plus supprimé ou généré des postes ?

C’est la question centrale qui divise les économistes aujourd’hui. Pour y répondre, il faut distinguer les effets immédiats (suppressions) des effets à long terme (création par la croissance). À l’heure actuelle, la plupart des sources fiables s’accordent sur un point : l’IA ne provoque pas encore un chômage de masse, mais elle transforme profondément la nature des métiers.
Voici les données basées sur des sources institutionnelles :

Selon le Forum Économique Mondial (WEF) dans son rapport Future of Jobs 2023, l’IA est perçue comme un moteur net de création d’emplois d’ici 2027.

  • Créations attendues : 69 millions de nouveaux postes (spécialistes en IA, analystes de données, experts en cybersécurité, ingénieurs en énergies renouvelables).

  • Suppressions attendues : 83 millions de postes (secrétariat, saisie de données, employés de banque, comptabilité de premier niveau).

Le Conseil d’Analyse Économique (CAE), rattaché au Premier ministre français, souligne dans ses notes que l’IA agit plus comme un « copilote » que comme un remplaçant.

  • L’IA automatise des tâches et non des métiers entiers.

L’économiste de Harvard, Philippe Aghion (très influent en France), explique que nous sommes dans une phase de « destruction créatrice ».

  • L’IA supprime des emplois peu qualifiés ou répétitifs, mais en baissant les coûts de production, elle stimule la consommation et crée de nouveaux besoins (et donc de nouveaux emplois) ailleurs dans l’économie.

Le Fonds Monétaire International (FMI) a publié une étude début 2024 indiquant que 40 % des emplois mondiaux sont exposés à l’IA.

  • Dans les pays développés (comme la France), ce chiffre monte à 60 %.

  • La moitié de ces emplois bénéficiera de l’IA (meilleure productivité), tandis que l’autre moitié pourrait voir ses salaires baisser ou son poste disparaître.

En somme, l’intelligence artificielle ne semble pas se diriger vers une suppression nette d’emplois, mais vers un déplacement massif de la valeur et des compétences. Si les gains de productivité promettent une croissance économique dopée, le véritable défi ne sera pas le manque de travail, mais la vitesse d’adaptation des travailleurs.


Le risque n’est donc pas tant le « grand remplacement » par la machine, mais une fracture sociale entre ceux qui sauront maîtriser l’IA comme un levier et ceux dont les tâches répétitives seront automatisées. Comme pour les révolutions industrielles précédentes, le succès de cette transition dépendra de la capacité des États à financer une formation continue massive et à réguler la concentration des richesses entre les mains des géants technologiques.

Les bénéfices de l’IA : libérer un potentiel transformateur

A yellow flower against a dark background.

Réduction de la pauvreté et des inégalités

Bien que l’aggravation des inégalités constitue un risque majeur (abordé plus loin), les gains économiques potentiels de l’IA pourraient contribuer de manière significative à la réduction de la pauvreté si ces bénéfices sont équitablement partagés. L’IA peut également soutenir des interventions ciblées, par exemple en améliorant les rendements agricoles dans les économies émergentes et en développement. Correctement déployée et encadrée, l’IA a le potentiel de réduire la pauvreté et de combler les écarts d’accès aux services essentiels.

Réponse aux défis mondiaux, notamment le changement climatique

Les outils d’IA peuvent surveiller la déforestation, prédire les tendances climatiques, modéliser l’impact de différentes politiques publiques et optimiser la consommation d’énergie. L’IA possède un fort potentiel pour contribuer à l’atteinte de nombreux objectifs de développement durable.

L’intelligence artificielle promet d’améliorer la vie des populations et de relever certains des défis les plus urgents auxquels le monde est confronté. Les décideurs publics et la société doivent s’efforcer de concrétiser ces dix principaux bénéfices de l’IA :

Accélération des avancées scientifiques

L’IA fait progresser la découverte de médicaments, la modélisation climatique et la recherche en science des matériaux. Par exemple, des modèles comme AlphaFold ont révolutionné la prédiction de la structure des protéines. Ces avancées pourraient conduire à des traitements contre des maladies, à des solutions énergétiques durables et à d’autres innovations majeures.

Croissance économique et productivité

L’IA rationalise les processus et améliore la productivité, en particulier dans les secteurs à forte intensité de données comme la finance et la logistique. Les estimations des gains économiques futurs liés à l’IA varient : certaines prévoient une augmentation de 1 à 7 % du PIB mondial d’ici 2033, tandis que d’autres évoquent, de manière plus spéculative, une multiplication par dix sur plusieurs décennies si des formes hypothétiques d’intelligence artificielle générale venaient à émerger.

Notions à retenir :

  • Concentration des pouvoirs : L’IA renforce la domination des géants technologiques (GAFAM) car ils sont les seuls à pouvoir financer les infrastructures colossales nécessaires.
  • Coûts d’entrée prohibitifs : Le ticket d’entrée est immense, à l’image du supercalculateur français Alice Recoque (540 millions d’euros) et de sa consommation électrique équivalente à une ville.
  • Risque de bulle financière : L’euphorie actuelle crée des surévaluations massives de start-ups, menaçant le marché d’une correction brutale si les revenus ne suivent pas.
  • Transformation du travail : Plus qu’une destruction massive, l’IA provoque une mutation des postes en automatisant les tâches répétitives, touchant 60 % des emplois dans les pays riches.

Sources :

Les plateformes numériques (A)

Thème 1 :

Les plateformes numériques : un nouvel écosystème économique et social

Thème 1 Thème 2 Thème 3

1. L’essor des plateformes : une nouvelle forme d’économie

💡 Qu’est-ce qu’une plateforme numérique ?
Les Plateformes numériques peuvent être définies comme un ensemble d’applications conçues pour contenir et faciliter l’utilisation croisée et l’accès à d’autres applications incluses sur la plate-forme.
C’est donc un service en ligne qui met en relation plusieurs types d’utilisateurs, particuliers ou professionnels, sans posséder directement les biens ou services échangés.
Souvent, elle agit comme un intermédiaire entre l’offre et la demande, en facilitant la transaction via une interface numérique simple et rapide. Il s’agit généralement de places de marché et de plateformes de vente. Le fournisseur de la plateforme permet aux fournisseurs de publier des services et des produits, et aux utilisateurs de répondre à ces offres.

Ces plateformes se distinguent par leur capacité à créer des écosystèmes d’échanges à grande échelle, souvent mondiaux.

  • Plateformes de freelance
  • Réseaux sociaux 
  • Places de marché
  • Plateformes d’apprentissage en ligne
  • Plateformes de jeux
  • Plateformes de financement participatif
  • Plateformes de commerce électronique 

Exemples concrets emblématiques :

  • Uber : met en relation des chauffeurs et des passagers.
  • Airbnb : relie des hébergeurs et des voyageurs.
  • Amazon : connecte des vendeurs et des acheteurs.
  • YouTube : diffuse les contenus des créateurs.
  • Spotify : relie des artistes et des auditeurs.

Les plateformes numériques se sont développées rapidement au début des années 2000, grâce à :

  • la généralisation d’internet haut débit, qui permet aux entreprises d’offrir des services fiables et rapides.
  • la démocratisation des smartphones, les plateformes deviennent accessibles partout et tout le temps
  • l’essor des réseaux sociaux, diffusant des usages fondés sur la participation, les données et les effets de réseau. Ces pratiques ont servi de modèle économique et technique aux plateformes numériques.

Des géants comme Google, Amazon, Facebook ou eBay ont ouvert la voie à une nouvelle économie connectée, basée sur la mise en réseau des utilisateurs et la valorisation des données.
Aujourd’hui, ces plateformes se sont imposées dans presque tous les domaines : transport, logement, commerce, culture, musique, emploi…

Un chiffre issu du rapport de l’Organisation internationale du travail (OIT), publié ce mardi, montre l’étendue du phénomène : au cours de la dernière décennie, le nombre de plateformes numériques a quintuplé.

Les caractéristiques clés des plateformes

  1. L’intermédiation → La plateforme met en contact l’offre et la demande, tout en prenant une commission sur la transaction.
  2. Les effets de réseau → Plus il y a d’utilisateurs, plus la plateforme devient utile, fiable et attractive.
  3. L’économie du partage → Les plateformes favorisent les échanges entre particuliers, la mutualisation des ressources et parfois une consommation plus durable.

C’est cette combinaison qui rend les plateformes si puissantes et rapidement dominantes.

🌍 Une transformation profonde de l’économie traditionnelle

Les plateformes ont bouleversé les modèles économiques classiques.
Elles ont introduit un phénomène de désintermédiation, c’est-à-dire la suppression des intermédiaires traditionnels.

  • Uber contourne les compagnies de taxi.
  • Airbnb concurrence directement les hôtels.
  • Vinted remplace les boutiques de revente physique.

Elles ont aussi fait émerger de nouveaux métiers (chauffeurs indépendants, livreurs, créateurs de contenu, influenceurs…) et créé de nouvelles formes de concurrence, souvent plus flexibles, mais aussi plus précaires sur le plan social.

D’un côté, elles offrent, explique selon un rapport de l’OIT, « de nouvelles possibilités d’emploi, y compris pour les femmes, les personnes en situation de handicap, les jeunes » et elles « permettent aux entreprises d’accéder à une main d’œuvre abondante et flexible. »
Mais il y a aussi une face un peu plus sombre en matière de droits sociaux. « Cadences effrénées, faible salaires, écart de rémunérations selon le genre », les conditions de travail peuvent aussi en prendre un coup.

Les plateformes sont donc à la fois sources d’innovation et de débats sur la régulation du travail, la fiscalité et la concurrence loyale.

Les plateformes en quelques chiffres:

5,2
milliards de profils actifs sur les réseaux sociaux dans le monde en octobre 2025.
301
millions d’abonnés : c’est le nombre d’utilisateurs de Netflix début 2025.
143
minutes : c’est la durée moyenne quotidienne passée sur les plateformes sociales.

2. Les modèles économiques des plateformes

Aujourd’hui, les plateformes numériques occupent une place centrale dans notre quotidien : elles facilitent la communication, le commerce, le divertissement et les services. Derrière ces services souvent gratuits ou faciles d’accès, se cachent des modèles économiques variés qui permettent à ces entreprises de générer des revenus et de se développer rapidement.
Comprendre ces modèles est essentiel pour analyser la logique de croissance des plateformes et les enjeux économiques, sociaux et fiscaux qu’elles soulèvent.

On distingue plusieurs modèles :

  • Le modèle de la gratuité apparente financée par la publicité : des plateformes comme Instagram ou YouTube ou Facebook offrent un accès gratuit aux utilisateurs, mais monétisent par la publicité ciblée. 

YouTube:36,1 milliard de revenus publicitaires en 2024. / Facebook (via Meta Platforms) : environ 144,3 milliards $ de revenus publicitaires en 2024.

  • Le modèle par abonnement : des services tels que Netflix ou Spotify fonctionnent sur la base d’un paiement régulier (mensuel/annuel) pour l’accès à un contenu ou service. 

Netflix : environ 301,6 millions d’abonnés début 2025. Spotify : 276 millions d’utilisateurs payants (premium) mi-2025

  • Le modèle de commission sur transaction  : des plateformes comme Uber ou Airbnb prennent une part sur chaque transaction effectuée via leur service (mise en relation, marché intermédiaire). 

 Uber : « take rate » ou taux de commission d’environ 20-30% des courses dans la mobilité, par exemple environ 28,8% en 2023 pour la mobilité

  • Le modèle freemium : la plateforme offre un accès gratuit ou limité, puis propose une version payante avec des fonctionnalités supplémentaires. Exemple : LinkedIn, certains jeux mobiles. ex : Youtube propose une offre payante pour ne plus avoir de pub, duolingo..
  • Le modèle économique du « Low cost » : avec des offres commerciales simplifiées, une qualité de service plus basse et des options payantes. Exemple Ryanair
  • Une des stratégies clés est la captation d’utilisateurs : attirer un grand nombre d’utilisateurs avec un accès gratuit ou peu cher afin de créer une large base. Si YouTube a 10 millions de vidéos à héberger, elle a des coûts d’infrastructure élevés, mais si elle en héberge 100 millions, le coût supplémentaire par vidéo est beaucoup plus faible.
  • Ensuite, vient l’économie d’échelle et un effet de réseau : Plus une plateforme a d’utilisateurs, moins ça lui coûte pour en ajouter un nouveau, et plus le service devient intéressant pour chacun, parce que tout le monde y trouve plus de contenu ou de connections. Airbnb, plus il y a de logements et de voyageurs, plus chacun bénéficie d’un large choix et d’un service attractif.

  • Enfin, de nombreuses plateformes recourent à des levées de fonds importantes pour se financer et pour se développer rapidement, attirer des utilisateurs, améliorer leur technologie et faire de la publicité, même si elles ne gagnent pas encore d’argent.  Cette logique est souvent admise dans les plateformes numériques. Uber a levé des milliards pour s’étendre dans le monde entier, même si elle n’était pas rentable pendant plusieurs années.

Les plateformes innovent vite et changent la manière dont nous consommons, travaillons ou communiquons. Mais cette rapidité pose parfois problème :

de Fiscalité : où doivent-elles payer leurs impôts ? Certaines plateformes utilisent des astuces pour payer moins, ce qui soulève des questions de justice économique. (voir partie suivante)

de Concurrence : certaines plateformes deviennent très puissantes et peuvent écraser leurs concurrents plus petits, car elles ont beaucoup d’utilisateurs et des effets de réseau.

de Protection des utilisateurs et des travailleurs : les règles sur le travail indépendant, la collecte de données ou la sécurité ne suivent pas toujours le rythme de l’innovation, ce qui peut créer des zones grises.

Les plateformes comme Amazon, Google, Uber ou Airbnb opèrent dans plusieurs pays, mais leur siège social peut être ailleurs (ex : Irlande pour certains services européens).
Problème : elles peuvent déclarer leurs bénéfices dans des pays où l’impôt est faible.
Conséquence: les pays où elles réalisent réellement leurs ventes collectent moins de recettes fiscales.
Exemple concret: Google et Apple ont été critiqués pour payer très peu d’impôts sur leurs ventes en Europe par rapport à leurs profits réels.

Les pratiques d’optimisation fiscale :
Les grandes plateformes utilisent souvent des stratégies légales pour réduire l’impôt :
– Transfert de bénéfices : déclarer les bénéfices dans un pays à faible taxation.
– Prix de transfert : vendre entre filiales à des prix qui réduisent le profit imposable.
– Licences et royalties : facturer des droits d’utilisation de brevets entre filiales pour déplacer les profits.

Les enjeux pour les États :
• Perte de revenus fiscaux importants
• Difficulté à taxer les géants numériques de manière équitable
• Pression pour mettre en place des taxes spécifiques sur le numérique (digital services
tax, DST)

Exemple : L’UE a proposé une taxe sur les services numériques, visant les entreprises avec un chiffre d’affaires supérieur à certains seuils dans l’UE. L’OCDE travaille sur un accord international pour harmoniser la taxation des grandes plateformes.

Les tensions économiques et politiques :
Les plateformes critiquent ces taxes comme pouvant nuire à leur compétitivité. Les États veulent protéger leurs finances publiques et l’équité fiscale. Les négociations internationales sont longues et complexes.

Les enjeux fiscaux des plateformes numériques sont liés à la mobilité internationale des profits, aux pratiques d’optimisation légale et aux défis des États pour percevoir une part juste d’impôts.
C’est un vrai défi car il faut trouver un équilibre entre innovation, attractivité économique et justice fiscale.

L’infographie illustre le décalage considérable entre le chiffre d’affaires réellement estimé en France pour les grandes entreprises numériques (Google, Apple, Facebook, Amazon, Twitter, Uber) et le niveau d’impôts effectivement payés au fisc français.
Elle montre aussi la réaction de la France, avec la mise en place d’une taxe nationale dès 2019, en l’absence d’accord européen, visant à taxer à 3 % le chiffre d’affaires des entreprises numériques dépassant 750 M€.

Toutes les entreprises déclarent un volume d’activités bien inférieur à leur activité réelle estimée en France.

Les impôts payés sont dérisoires comparés au chiffre d’affaires effectif.

3. Les données au cœur du pouvoir des plateformes

Le rôle stratégique des données 

La puissance des grandes plateformes numériques vient de la collecte et l’exploitation massive des données personnelles. Chaque pas d’un utilisateur sur internet devient une ressource valorisable. L’économie des plateformes repose sur le temps passé des individus sur ces plateformes. En effet, les données récoltées des navigations sont le pouvoir des plateformes. 

Les données viennent

  • 🍪 Les cookies
  • 🕒 Les historiques
  • 📱 Les appareils mobiles
  • 📍 La géolocalisation

Le contenu sera collecté, traité, enregistrées, analysées, revendues.

Ce processus conduit à un profilage comportemental très précis.

Ces données récoltées sont personnelles, cela peut être :

  • 🎂 L’âge
  • ❤️ Les goûts
  • 📍 La localisation
  • 🛒 Les habitudes d’achats

Ensuite, ces profils sont utilisés dans des algorithmes de recommandations. Cela permet la personnalisation de contenu. Ainsi, l’attention des utilisateurs est optimale, le temps passé sur les plateformes est maximal. Le contenu proposé va être orienté par rapport au contenu consommé avant. Entre des millions de vidéos ou de produits, ils vont proposer rapidement ce qui va retenir la focalisation de l’utilisateur. L’objectif économique derrière est en plus la publicité ciblée. Cela permet de proposer des plateformes “gratuites”. Plus la personne passe de temps sur la plateforme, plus les revenus publicitaires seront importants.

Enjeux éthiques et politiques

Une question concernant le respect de la vie privée se pose. Les utilisateurs ignorent combien et quelles données sont collectées sur eux. L’affaire Cambridge Analytica (2018) montre l’utilisation de millions de profils Facebook destinée à une utilisation politique lors de la campagne du Brexit et de l’élection américaine (The Guardian, 2018).

On peut être alarmés par la dépendance numérique. Les algorithmes sont conçus pour garder l’attention et créer de l’addiction. L’utilisateur est enfermé dans un cycle de gratification immédiate. A chaque contenu consommé, un autre est proposé immédiatement, ce qui incite à la consommation et crée l’addiction. De plus, le nouveau type de contenu qui est le contenu court (TikTok, Reels, shorts…) crée de nombreux troubles et renforcent l’addiction. 

Les données sont stockées sur des milliers de serveurs à travers le monde, ce qui complexifie leur régulation et leur sécurisation. Le stockage dans les serveurs est aussi source de pollution par leur consommation d’électricité.

Les données conservées ont une très grande valeur économique. Cependant, leur vente pose un problème de consentement éclairé et d’inégalité d’information entre plateformes et utilisateurs.

Les débats actuels

Amendes infligées pour violation des données personnelles dans les pays de l’UE

Les États et les institutions vont donc chercher à encadrer le pouvoir des plateformes.

En Europe, le Règlement général sur la protection des données (RGPD) suppose des règles strictes comme : consentement explicite, droit à la portabilité, droit à l’oubli, et obligation de transparence.

En France, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) veille à leur application et sanctionne les entreprises en cas d’abus (ex. amendes contre Google et Facebook en 2022 pour non-respect des règles sur les cookies).

Aussi, on voit un mouvement pour une sobriété numérique promu par le Shift Project. Ce concept invite à réduire la surcollecte et la surconsommation de données et d’énergie.

Lien vers le projet : https://theshiftproject.org/publications/deployer-sobriete-numerique/

Le “data minimalism” est aussi mis en avant : ne collecter que les informations strictement nécessaires.

Des alternatives éthiques se développent. Par exemple, des moteurs de recherche comme Qwant ou DuckDuckGo sont sans traçage. Ces modèles ont pour objectif de redonner le contrôle des données aux utilisateurs et de construire un monde numérique plus transparent.

Il y a aussi des propositions de rémunération transparente, où les utilisateurs peuvent décider de monétiser leurs données de manière consciente.

Notions à retenir :

  • Service en ligne qui met en relation plusieurs types d’utilisateurs, sans posséder les biens ou services échangés
  • Intermédiation, effet de réseau et économie de partage
  • Suppression de métiers et apparition d’autres, forme de précarité du travail
  • 5 modèles (Publicité, Abonnement, Commission, Freemium, Low Cost)
  • Leur force vient du nombre d’utilisateurs et des effets de réseau qui rendent le service de plus en plus attractif
  • Elles posent des problèmes de régulation : fiscalité, monopoles, données et protection des travailleurs
  • Les données représentent le cœur du pouvoir des plateformes numériques
  • Responsabilité éthique et politique
  • Régulation, éducation numérique et alternatives éthiques

Sources :

Internet et le web (A)

Thème 1 Thème 2 Thème 3

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Internet et le web

Le fonctionnement d’internet

Internet est un réseau mondial qui relie des milliards d’ordinateurs, de serveurs et d’objets connectés.
Il est né dans les années 1960 avec ARPANET, un projet de l’armée américaine destiné à relier des universités et des centres de recherche. Dans les années 1990, Internet s’est ouvert au grand public et est devenu l’outil de communication incontournable que nous connaissons aujourd’hui.

  • Des serveurs (ordinateurs puissants qui stockent et envoient les données).
  • Des routeurs (appareils qui dirigent les données vers le bon chemin).
  • Les fournisseurs d’accès (FAI) (ex : Orange, Free…), qui permettent aux particuliers et entreprises de se connecter au réseau.
  • Des câbles sous-marin qui relient les continents

Schéma

Carte des câbles sous marin dans le monde du fonctionnement d’Internet

Pour aller plus loin : une vidéo explicative sur l’importance et les enjeux des câbles sous-marin quant à l’accès à Internet !

Chaque appareil connecté à Internet possède une adresse IP, comparable à une plaque d’immatriculation numérique, ce qui permet de l’identifier. C’est un protocole définissant comment les données voyagent sur le web. Pour accéder à un site, le DNS (Domain Name System) joue le rôle d’un annuaire géant en traduisant le nom du site (par exemple google.com) en une adresse IP afin de retrouver le bon serveur. Les données, quant à elles, sont découpées en petits paquets d’information transmis par le protocole TCP/IP, puis reconstitués à l’arrivée. Ce système assure un échange d’informations rapide et fiable à l’échelle mondiale.

Internet en quelques chiffres:

Pour mesurer concrètement l’ampleur et l’impact d’Internet dans notre société, il est utile de regarder quelques données représentatives. Ces chiffres permettent de mieux comprendre son importance dans la vie quotidienne et dans le monde entier.

5,4
milliards d’utilisateurs en 2025
1,2
million de km de câbles sous-marins relient les continents
99%
des échanges internationaux passent par ces câbles, pas par les satellites.

Le fonctionnement du Web

Le World Wide Web (ou Web) est un système qui permet d’accéder à des documents reliés entre eux par des liens hypertextes. Ces documents sont appelés pages web et peuvent contenir : du texte, des images, des vidéos, des sons, et surtout des liens vers d’autres pages. Toutes ces pages reliées entre elles forment une immense “toile” mondiale d’informations : c’est pour cela qu’on parle de web (qui signifie toile en anglais !) Attention à ne pas confondre le web et Internet : Internet est l’infrastructure technique : les câbles, les routeurs, les serveurs… Le Web est une application qui utilise Internet pour fonctionner, comme les e-mails ou la messagerie.

Un site web est construit avec 3 langages principaux :

  • Le HTML (HyperText Markup Language) est le langage de base d’un site web. C’est la structure de la page, son “ossature” (titres, paragraphes, images, tableaux…). Sans HTML, il n’y aurait qu’une page blanche.
  • Le CSS (Cascading Style Sheets) s’occupe de l’aspect visuel, il rend le site agréable à lire. Avec le CSS, on choisit par exemple : les couleurs (du texte, de l’arrière-plan…), la police d’écriture et la taille du texte, l’espacement entre les éléments, la disposition des blocs (en colonnes, en lignes…).
  • Le JavaScript (JS) est un langage de programmation qui rend les pages dynamiques et interactives. Il permet de faire apparaître ou disparaître des menus déroulants, afficher un diaporama d’images, faire défiler des animations ou des cartes interactives (comme Google Maps)

À la fin des années 1980, le CERN (Organisation européenne pour la recherche nucléaire, situé à Genève) emploie des milliers de chercheurs du monde entier. Ces scientifiques avaient un problème : partager rapidement leurs travaux. Les documents étaient souvent envoyés par courrier ou stockés sur des ordinateurs isolés, ce qui ralentissait la recherche. C’est dans ce contexte que Tim Berners-Lee, un ingénieur et informaticien britannique, a l’idée d’un système pour relier et consulter facilement des documents sur un réseau d’ordinateurs. À la fin de l’année 1990, le premier navigateur web est prêt. Il s’appelait tout simplement WorldWideWeb (il sera renommé plus tard Nexus).

💡Le saviez vous ? Le premier site web ( http://info.cern.ch/) mis en ligne en 1991 est encore visible aujourd’hui !

  1. Ouverture du navigateur web (Chrome, Firefox, Safari, …) : le navigateur est l’outil qui sait « lire » les pages web.
  2. Saisie de l’URL : l’URL est l’adresse du site web. Par exemple : https://www.wikipedia.org ( avec https qui est le protocole de communication et www.wikipedia.org qui est le nom du site).
  3. Conversion de l’URL en adresse IP grâce aux DNS : les DNS traduisent alors le nom du site en adresse IP afin que le navigateur trouve l’adresse réel du site web avant de récupérer son contenu.
  4. Communication avec le serveur : le navigateur envoie une requête au serveur via le protocole HTTP (qui permet de transférer des pages web entre le navigateur et le serveur) ou HTTPS (version sécurisée). Le serveur reçoit donc la demande et commence à envoyer les fichiers du site web au navigateur sous forme de « paquets de données ».
  5. Affichage de la page : le navigateur assemble les fichiers reçus et affiche la page sur l’écran.

🌐 Le Web 1.0 (Web traditionnel) (1990 – 2000)
Web statique centré sur la diffusion d’informations. Il est caractérisé par des sites principalement orientés vers la présentation de produits, avec très peu d’interactivité. C’est aussi à cette époque que naissent les premiers sites d’e-commerce. Toutefois, les logiciels propriétaires restent très coûteux et l’éclatement de la bulle Internet en 2000 remet en cause ce modèle. Ainsi, Le Web 1.0, dans les années 1990, se limitait à la consultation d’informations.

🌐 Web 2.0 (Web social) (2000 – 2010/2012)
Le Web 2.0 théorisé par O’Reilly (2005), marque le passage à un Internet centré sur le partage et l’échange. Les réseaux sociaux, les blogs et les smartphones se développent, donnant aux utilisateurs un rôle actif dans la production et la diffusion de contenus. Cette démocratisation du web s’accompagne néanmoins d’une surcharge d’informations difficile à maîtriser.


🌐 Web 3.0 (Web sémantique) (2010/2012 – 2020)
Le Web 3.0 vise à organiser la masse de données disponibles en fonction du contexte, des préférences et de la localisation de chaque utilisateur. Il renforce le lien entre le monde réel et le monde virtuel grâce à des applications toujours plus intelligentes et personnalisées. Il ambitionne une décentralisation grâce à la blockchain (registre numérique partagé : tout le monde peut y écrire, il n’y a pas d’intermédiaire pour contrôler = wikipedia) et à l’intelligence artificielle, mais cette évolution technique pose de nouveaux dilemmes.


🌐 Web 4.0 (Web intelligent) (2020 – futur)
Le Web 4.0 pousse encore plus loin la personnalisation et cherche à immerger l’individu dans un environnement numérique omniprésent. Il ouvre la voie à de nouvelles expériences, telles que la réalité augmentée et la réalité virtuelle et vise à anticiper les besoins de chacun en offrant des expériences toujours plus immersives et interactives, Il soulève aussi des inquiétudes majeures liées à la protection de la vie privée et au contrôle des données.

Le Web : usages, enjeux et évolutions

Le Web n’est plus un outil secondaire, il structure désormais nos pratiques sociales, économiques et culturelles. 

En matière d’accès à l’information, Google concentre 90 % des recherches mondiales , ce qui en fait un véritable monopole qui influence profondément la manière dont nous accédons à l’information et construisons nos opinions. 

Les réseaux sociaux, sont de nos jours utilisés par plus de 5 milliards de personnes dans le monde. Ils ne se contentent pas seulement de maintenir des liens : ils redéfinissent la façon dont nous interagissons et construisons notre identité.

   L’économie a également basculé : le e-commerce pèse plus de 6 300 milliards de dollars par an, et Amazon s’impose comme le géant du e‑commerce, dominant largement le marché mondial. En 2024, Amazon a généré environ 1,29 milliard de dollars par jour en revenus.

 La culture et le loisir suivent cette même logique numérique : 67 % de la musique est désormais écoutée en streaming, et des plateformes comme Netflix ou Disney+ ont transformé nos habitudes. En janvier 2025, Netflix comptait environ 301,6 millions d’abonnés payants dans le monde.

Mais l’usage du web n’est pas neutre et soulève des tensions sociales, politiques et éthiques. 

La question sur l’utilisation des données personnelles est centrale et fait l’objet de nombreux débats : le scandale Cambridge Analytica en 2018 a révélé comment Facebook avait laissé détourner les données de 87 millions d’utilisateurs à des fins politiques.

L’Union européenne a tenté d’encadrer ces pratiques avec le RGPD étant le Règlement Général sur la Protection des Données, qui est une loi européenne adoptée en 2018 obligeant les entreprises à être transparentes sur la collecte et l’utilisation des données personnelles. 

Mais de nombreux chercheurs, scientifiques et psychologues tels que Shoshana Zuboff (professeure à Harvard), s’accordent à démontrer que nos informations personnelles sont perçues comme des biens économiques et non des informations à protéger et cela tend à s’empirer. On parle d’une économie des données.

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C’est la raison pour laquelle apparaissent aujourd’hui systématiquement des bannières demandant d’accepter les cookies lors de la navigation sur le Web.


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Le Web est aussi le lieu de nouvelles violences. En France, 1 jeune sur 5 déclare avoir subi du cyberharcèlement (INSEE, 2022), et la circulation des fake news est amplifiée par les algorithmes. Une étude du MIT (Science, 2018) démontre que les fausses nouvelles se propagent 70 % plus vite que les vraies. 

 Enfin, la sécurité des données reste un enjeu majeur du Web comme nous le montre l’affaire Kido Nursery (septembre 2025) : Des pirates se sont introduits dans le système de la chaîne de crèches britannique, menaçant de publier les informations sensibles de milliers d’enfants, incluant des photos et des rapports de protection. 

Cet incident souligne l’importance cruciale de renforcer les mesures de sécurité pour protéger les données personnelles.

Plusieurs acteurs défendent un futur plus responsable : Tim Berners-Lee, inventeur du Web, propose un “Contract for the Web” (2019) afin de garantir un Internet ouvert, respectueux et équitable. Ces initiatives témoignent d’un mouvement vers un Web plus éthique.

Exemples des différentes stratégies et initiatives qui témoignent d’un mouvement vers un Web plus éthique :

La stratégie européenne vise à construire une Europe numérique inclusive, durable et centrée sur l’humain en visant à améliorer les compétences numériques de 80 % des citoyens d’ici 2030. Concernant l’intelligence artificielle, elle souhaite être l’un leader mondial de l’IA éthique en conformité aux droits fondamentaux.

Depuis janvier 2025, La Green Web Foundation et SIDN Labs, se penchent sur la conception de site web écologique dans l’objectif de réduire l’empreinte carbone des sites web avec l’utilisation d’hébergement vert certifié.

Ces initiatives illustrent un mouvement croissant vers un Internet plus durable, où la réduction de l’empreinte carbone est au cœur des préoccupations, même si son avenir reste incertain.

Les notions à retenir :

Internet et Web : deux notions différentes

  • Internet = réseau mondial d’ordinateurs connectés entre eux. Il permet la circulation des données grâce à des infrastructures physiques (serveurs, câbles, routeurs).
  • Le Web (World Wide Web) = un service d’Internet permettant d’accéder à des pages reliées entre elles par des liens hypertextes.

2. Fonctionnement d’Internet

  • Infrastructures :
    • Serveurs = ordinateurs stockant les données et les sites web.
  • Routeurs = appareils qui dirigent les informations sur le meilleur chemin du réseau.
  • Câbles sous-marins = support physique essentiel pour relier les continents et assurer la circulation mondiale des données.
  • Adresses IP et DNS : permettent d’identifier les appareils et de transformer les adresses web en noms lisibles (ex. www.google.com).

3. Fonctionnement du Web

  • Squelette d’un site web :
    • HTML (structure du contenu),
    • CSS (mise en forme et design),
    • JavaScript (interactivité).
  • Principe du web : accès via un navigateur qui envoie une requête au serveur → le serveur renvoie la page web demandée.

🔒 5. Usages, enjeux et perspectives

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