Arnaques sur internet (A)

Alerte : arnaque en ligne

Depuis plusieurs décennies, Internet occupe une place de plus en plus importante dans la société. Le développement des usages numériques a profondément transformé les modes de communication, de consommation et d’accès aux services. Les internautes utilisent désormais le réseau pour effectuer des achats, gérer leurs comptes bancaires ou encore échanger sur les réseaux sociaux. Si cette numérisation offre de nombreuses opportunités, elle s’accompagne également de nouveaux risques liés à la cybercriminalité, notamment les arnaques en ligne.


Ces données datant de 2015, bien qu’ancienne, montrent l’ampleur de ce phénomène. Selon des estimations issues de plateformes de signalement, près de 3 millions d’arnaques ont été signalées en une année, dont 1,5 million d’appels frauduleux et 1 million de spams criminels. De plus, on voit que certaines forment d’escroquerie connaissent une progression extrêmement rapide. Les conséquences financières peuvent être importantes, allant de quelques dizaines d’euros pour des numéros surtaxés à plusieurs centaines de milliers d’euros pour certaines escroqueries d’investissement.

Dans ce contexte, il apparaît nécessaire d’analyser les mécanismes qui favorisent le développement des arnaques sur Internet, les profils des victimes ainsi que leurs impacts économiques et sociaux.

I- L’essor des arnaques

Les arnaques en ligne sont souvent mises en œuvre par des individus isolés mais aussi par des réseaux criminels organisés. Internet offre en effet un environnement particulièrement favorable à ces activités frauduleuses. Les fraudeurs peuvent contacter un grand nombre de personnes à faible coût, grâce aux courriels, aux SMS ou aux réseaux sociaux. Cette diffusion massive permet d’augmenter les chances de trouver des victimes tout en limitant les risques pour les escrocs.
L’anonymat relatif d’Internet constitue également un facteur facilitant. Les cybercriminels peuvent utiliser de fausses identités, opérer depuis l’étranger ou dissimuler leur localisation grâce à différents outils numériques. Cette situation complique le travail des autorités et rend les poursuites judiciaires plus difficiles. De manière plus générale, la cybercriminalité connaît une progression importante : en France, 453 200 crimes et délits liés au numérique ont été recensés en 2025, soit une augmentation d’environ 14 % en un an.

Les arnaques en ligne touchent aujourd’hui une grande diversité de profils. Contrairement à certaines idées reçues, elles ne concernent pas uniquement les personnes âgées ou peu familières avec les technologies numériques. Les études montrent que les personnes les plus actives sur Internet peuvent également être particulièrement exposées aux cybermenaces.
Selon une enquête du Crédoc, près de trois internautes sur quatre ont déjà été confrontés à une tentative d’arnaque en ligne, et environ quatre internautes sur dix déclarent en avoir été victimes au cours des dernières années. Les jeunes sont notamment très concernés : 59 % des 15-24 ans déclarent avoir déjà subi une attaque en ligne, contre environ 35 % des 40-59 ans. Cette situation s’explique en grande partie par leur utilisation plus intensive d’Internet, notamment pour les réseaux sociaux, les achats en ligne ou les plateformes numériques.
Cependant, d’autres facteurs peuvent également augmenter la vulnérabilité face aux arnaques. Les personnes disposant de revenus modestes, celles vivant seules ou celles ayant une forte activité numérique apparaissent aussi plus souvent parmi les victimes. Les cybercriminels adaptent leurs techniques en fonction des profils ciblés, ce qui explique la diversité des victimes.

Les arnaques en ligne ont des conséquences importantes sur le plan économique et social. Les pertes financières peuvent être très élevées. À l’échelle internationale, les escroqueries sur Internet ont provoqué plus de 16,6 milliards de dollars de pertes pour les victimes en 2024, selon les données du FBI. Ces chiffres montrent l’ampleur du phénomène et la rentabilité des activités frauduleuses pour les cybercriminels.
Au-delà de l’aspect financier, les arnaques peuvent également avoir des effets psychologiques importants. Les enquêtes montrent que 41 % des victimes déclarent avoir subi un impact psychologique après une atteinte numérique, comme un sentiment de stress, de honte ou de perte de confiance. Cette dimension explique en partie pourquoi certaines victimes hésitent à signaler les escroqueries aux autorités.
Enfin, ces pratiques ont des conséquences plus larges pour la société. Les institutions financières, les entreprises et les pouvoirs publics doivent mobiliser des moyens importants pour lutter contre ces fraudes et renforcer la sécurité des services numériques. Les arnaques en ligne représentent ainsi un enjeu majeur pour la confiance dans l’économie numérique et pour la protection des utilisateurs d’Internet.

II- Les principales formes d’arnaques en ligne

Le phishing, aussi appelé hameçonnage, est une technique de fraude très répandue sur Internet. Elle consiste pour un escroc à se faire passer pour une organisation de confiance, comme une banque, une entreprise connue ou une administration, afin de tromper la victime. L’objectif est de récupérer des informations sensibles telles que des identifiants de connexion, des mots de passe ou encore des coordonnées bancaires.
Dans sa forme la plus classique, le phishing se manifeste par l’envoi d’un email frauduleux. La victime reçoit un message qui semble officiel, avec un logo et une mise en page crédible. Ce message contient souvent un lien vers un site frauduleux qui imite parfaitement un site réel. Une fois que la personne saisit ses informations, celles-ci sont directement récupérées par les escrocs. Cette technique repose en grande partie sur la crédibilité du message et sur un sentiment d’urgence, par exemple en affirmant que le compte de la victime va être suspendu si elle n’agit pas rapidement.


Cependant, le phishing ne se limite pas aux emails. Il existe aujourd’hui plusieurs variantes qui utilisent différents moyens de communication pour atteindre les victimes. Le smishing, par exemple, est une forme de phishing réalisée par SMS. Dans ce cas, la victime reçoit un message texte contenant un lien malveillant, souvent accompagné d’un message alarmant comme un problème de livraison ou une activité suspecte sur un compte bancaire. En cliquant sur ce lien, elle est redirigée vers un site frauduleux où ses informations peuvent être volées. Ce type d’arnaque est particulièrement efficace car les SMS sont souvent perçus comme plus fiables et personnels que les emails, et leur format court laisse peu de place à la vérification.
Une autre variante est le vishing, qui se déroule par téléphone. L’escroc contacte directement la victime en se faisant passer pour un professionnel, comme un conseiller bancaire ou un technicien. Lors de l’appel, il cherche soit à instaurer un climat de confiance, soit à créer, encore une fois, un sentiment de panique en évoquant une situation urgente, comme une fraude sur le compte bancaire. Sous pression, la victime peut être amenée à divulguer des informations sensibles ou à effectuer des actions comme un virement. La voix humaine renforce fortement la crédibilité de l’arnaque, ce qui la rend particulièrement difficile à détecter.
Enfin, certaines formes de phishing sont encore plus ciblées. Le spear phishing consiste à personnaliser l’attaque en utilisant des informations spécifiques sur la victime, ce qui la rend plus crédible. Le whaling, quant à lui, vise des personnes importantes comme des dirigeants d’entreprise. Ces attaques sont généralement plus sophistiquées et donc plus dangereuses.
Ainsi, même si les méthodes varient (email, SMS ou téléphone), toutes ces arnaques reposent sur le même principe : tromper la victime en exploitant sa confiance et ses émotions afin de lui soutirer des informations ou de l’argent.

L’arnaque au faux support technique, parfois appelée fraude à la réparation informatique, consiste à effrayer la victime pour l’inciter à payer un service inexistant. Dans la pratique, l’escroc bloque l’ordinateur ou le navigateur de la personne en affichant un message alarmant évoquant un incident de cybersécurité ou une infection par un virus. Ce message est présenté comme officiel et pousse l’utilisateur à contacter un support technique prétendument légitime.
Cette forme d’arnaque cible particulièrement les personnes moins expérimentées avec le numérique, comme certains seniors, ou les professionnels qui n’ont pas d’équipe informatique proche. La peur suscitée par le message pousse souvent la victime à agir rapidement, sans vérifier la légitimité de l’intervention. L’escroc se fait alors passer pour un technicien officiel et propose un “dépannage” payant.


Les méthodes d’approche sont variées et évoluent constamment. Certaines attaques se font par téléphone, d’autres via des notifications sur les réseaux sociaux contenant des liens malveillants. Ces liens déclenchent l’apparition du message d’alerte frauduleux sur l’écran de la victime. Une fois le contact établi, le faux technicien peut même prendre le contrôle à distance de l’ordinateur pour obtenir des informations supplémentaires.
Les conséquences de cette arnaque peuvent être graves. Au-delà du paiement pour un service inexistant, les escrocs récupèrent souvent des identifiants et mots de passe, ce qui permet de pirater les comptes bancaires ou en ligne de la victime. Dans certains cas, cela peut conduire à des virements frauduleux ou à une compromission totale des données personnelles.
On peut rapprocher l’arnaque au faux support technique du phishing, dans le sens où elle cherche à tromper la victime pour obtenir des informations sensibles. Cependant, elle se distingue par sa dimension interactive et technique : l’escroc agit directement sur l’appareil de la victime et profite de la peur ou de la panique immédiate, plutôt que de se contenter d’un simple message ou d’un lien frauduleux.

Les faux sites de vente en ligne sont devenus très courants avec l’essor du commerce numérique. Ces sites sont conçus pour ressembler à des plateformes légitimes, avec une présentation professionnelle et des produits attractifs.
Ils proposent souvent des prix anormalement bas afin d’inciter les internautes à acheter rapidement. Une fois le paiement effectué, la victime ne reçoit jamais le produit ou reçoit un article de mauvaise qualité. Dans certains cas, le site est uniquement destiné à collecter des données bancaires.
Ce type d’arnaque exploite la confiance des consommateurs dans les achats en ligne et leur tendance à rechercher des bonnes affaires.

Au delà des sites liés à la vente, d’autres types de faux sites web peuvent être créés. Par exemple, quand surviennent des catastrophes naturelles ou d’autres tragédies, vous pouvez vouloir donner de l’argent pour aider, mais les escrocs peuvent en profiter. Ils créent des sites de dons et des comptes fictifs, puis envoient des e-mails émouvants pour solliciter des fonds qui ne seront jamais remis aux victimes.

Les arnaques aux gains faciles reposent sur une promesse très attirante : gagner une grande somme d’argent rapidement et sans effort. Les victimes sont attirées par des offres qui semblent exceptionnelles, voire trop belles pour être vraies.
Ces arnaques peuvent prendre différentes formes. Il peut s’agir de messages annonçant que la personne a gagné un prix (loterie, jeu concours auquel elle n’a même pas participé), ou encore de propositions d’investissement prétendument très rentables. Dans d’autres cas, l’escroc prétend avoir besoin d’aide pour transférer une somme d’argent importante et promet une récompense en échange.
Le fonctionnement est presque toujours le même. Dans un premier temps, l’escroc attire la victime avec une promesse de gain important. Ensuite, il demande le paiement de frais pour “débloquer” cet argent : frais administratifs, taxes, frais de transfert ou de dossier. Ces montants peuvent sembler relativement faibles par rapport à la somme promise, ce qui pousse la victime à accepter.
Cependant, une fois le premier paiement effectué, d’autres frais sont souvent demandés, sous différents prétextes. L’escroc entretient ainsi l’illusion que le gain est réel et qu’il est sur le point d’être versé. En réalité, il n’y a jamais d’argent à récupérer, et la victime perd progressivement des sommes de plus en plus importantes.
Certaines versions plus modernes de cette arnaque se développent aujourd’hui sur Internet et les réseaux sociaux, notamment autour des cryptomonnaies ou du trading. Les escrocs montrent de faux témoignages, des captures d’écran truquées ou des graphiques de gains pour convaincre leurs victimes. Ils peuvent même simuler une première réussite afin de renforcer la confiance avant de demander un investissement plus important.
Ces arnaques fonctionnent parce qu’elles jouent sur plusieurs émotions : la curiosité, l’excitation, mais aussi la peur de passer à côté d’une opportunité unique.

Les réseaux sociaux comme Instagram, Facebook, TikTok ou Snapchat occupent aujourd’hui une place centrale dans la vie quotidienne. Ils permettent de communiquer, de partager du contenu et même d’acheter ou vendre des produits. Cependant, cette popularité en fait également un terrain idéal pour les escrocs.
Les arnaques sur les réseaux sociaux sont particulièrement efficaces car elles reposent sur la confiance entre utilisateurs et sur la quantité d’informations personnelles disponibles en ligne. En observant un profil, un escroc peut facilement récupérer des données comme le nom, les centres d’intérêt ou les relations d’une personne, ce qui lui permet de rendre ses tentatives de fraude beaucoup plus crédibles.


L’une des formes les plus courantes est l’utilisation de faux profils ou l’usurpation d’identité. Les escrocs créent des comptes en copiant les photos et les informations d’une personne réelle, parfois même d’un ami ou d’une personnalité connue. Une fois ce faux profil créé, ils entrent en contact avec d’autres utilisateurs pour établir une relation de confiance. Cette relation peut ensuite être exploitée pour demander de l’argent, obtenir des informations personnelles ou inciter à cliquer sur des liens frauduleux. (On peut prendre l’exemple des arnaques sentimentales, qui sont détaillées dans l’accordéon suivant).

Les faux concours et fausses offres promotionnelles sont une autre technique très répandue. Les escrocs proposent des cadeaux attractifs, comme des smartphones, de l’argent ou des cartes cadeaux, afin d’attirer l’attention. Pour participer, les utilisateurs doivent souvent cliquer sur un lien, remplir un formulaire ou partager des informations personnelles. Dans certains cas, ils sont même invités à payer des frais pour recevoir leur “gain”, qui n’existe en réalité pas.

Enfin, les réseaux sociaux sont souvent utilisés pour des arnaques à la vente entre particuliers. Les escrocs publient de fausses annonces avec des prix très attractifs pour inciter à acheter rapidement. Après le paiement, le produit n’est jamais envoyé. À l’inverse, certains faux acheteurs utilisent de faux justificatifs de paiement pour tromper les vendeurs et obtenir des biens gratuitement.

Les arnaques sentimentales, aussi appelées “romance scams”, sont des fraudes qui reposent sur la manipulation émotionnelle des victimes. Elles se déroulent principalement sur Internet, notamment via les réseaux sociaux comme Facebook ou Instagram, mais aussi sur des sites de rencontre. Ce type d’arnaque est particulièrement dangereux car il ne touche pas seulement les finances des victimes, mais aussi leur équilibre psychologique.


Le principe est simple : un escroc crée un faux profil en ligne, souvent avec des photos attrayantes et une identité crédible. Il entre ensuite en contact avec une victime et entame une relation. Au fil du temps, il cherche à instaurer un climat de confiance et de proximité émotionnelle. Il peut se montrer très attentionné, envoyer des messages réguliers et exprimer des sentiments forts, parfois très rapidement.
Une fois que la relation est suffisamment installée, l’escroc commence à demander de l’argent. Il invente généralement une situation urgente ou dramatique, comme un problème de santé, un accident, des difficultés financières ou un empêchement pour venir rencontrer la victime. Il promet souvent de rembourser plus tard ou d’établir une relation réelle dans le futur.


Dans certains cas, l’arnaque peut durer plusieurs semaines, voire plusieurs mois. L’escroc entretient la relation pour renforcer l’attachement émotionnel de la victime, ce qui la rend plus susceptible d’accepter les demandes d’argent. Il peut également multiplier les excuses pour expliquer pourquoi il ne peut jamais rencontrer la personne en réalité.
Ce type d’arnaque est particulièrement efficace car il exploite des émotions profondes comme la solitude, l’attachement, la confiance ou le besoin d’affection. Les victimes ont souvent du mal à reconnaître la fraude, même face à des signes évidents, car elles sont impliquées émotionnellement.
Les conséquences peuvent être très lourdes. En plus des pertes financières parfois importantes, les victimes peuvent ressentir un sentiment de trahison, de honte ou de culpabilité. Cela peut avoir un impact durable sur leur confiance en elles et dans les relations.

Le cas d’Anne

III- Les moyens de prévention et de lutte

Face à la multiplication des arnaques en ligne, les internautes doivent adopter des comportements prudents, car les cybercriminels exploitent souvent des erreurs humaines plutôt que des failles techniques.

Tout d’abord, il est essentiel de vérifier l’authenticité des sites internet. Avant d’effectuer un achat ou de saisir des informations personnelles, il faut contrôler l’adresse du site (URL), vérifier la présence du cadenas de sécurité et se méfier des sites qui imitent des marques connues. Les fautes d’orthographe, les logos flous ou les adresses étranges sont souvent des signes d’arnaque.

Ensuite, il faut absolument se méfier des offres trop alléchantes. Les escrocs utilisent des prix extrêmement bas ou des promotions exceptionnelles pour attirer les victimes. Dans la réalité, une offre trop avantageuse cache souvent une fraude, notamment dans les cas de faux sites de vente ou de produits inexistants.

Dans ce contexte, il est aussi important de faire attention aux produits contrefaits. Certains sites proposent des articles de grandes marques à prix réduit, mais il s’agit en réalité de copies illégales ou de produits qui ne seront jamais livrés. Cela peut entraîner une perte d’argent, mais aussi des risques pour la sécurité (produits non conformes).

Par ailleurs, il faut ignorer les messages et appels suspects ou aguicheurs, comme les SMS ou e-mails du type : « veuillez nous rappeler pour récupérer votre colis ». Ces messages cherchent à pousser la victime à agir rapidement sans réfléchir. Il est donc recommandé de ne jamais répondre ni cliquer sur les liens. 

La protection des données personnelles est également fondamentale. Il ne faut jamais communiquer ses identifiants, mots de passe ou coordonnées bancaires par e-mail, téléphone ou réseaux sociaux. De plus, il est déconseillé d’enregistrer ses données bancaires sur des sites, surtout s’ils ne sont pas totalement fiables.

Pour renforcer la sécurité, il est recommandé de changer régulièrement ses mots de passe et d’utiliser des mots de passe complexes et différents pour chaque compte. L’activation de la double authentification constitue également une protection supplémentaire très efficace.

Enfin, il est préférable d’acheter sur des sites connus ou locaux, qui offrent généralement plus de garanties et un meilleur service client. Les sites inconnus ou étrangers peuvent être plus difficiles à contrôler et à poursuivre en cas de problème.

Si la vigilance individuelle est importante, elle ne suffit pas à elle seule. La lutte contre les arnaques en ligne repose aussi sur une action coordonnée des pouvoirs publics et des acteurs du numérique.

Les États jouent un rôle central à travers la mise en place de lois, de dispositifs de surveillance et de structures spécialisées. En France, plusieurs organismes interviennent, notamment la police et la gendarmerie spécialisées en cybercriminalité. Des plateformes ont été créées pour faciliter les démarches des victimes, comme PHAROS(signalement des contenus illicites) ou THÉSÉE, qui permet de porter plainte en ligne pour des escroqueries sur Internet.

La justice a également pour mission de poursuivre et sanctionner les cybercriminels. Cependant, cette tâche est complexe car les arnaques sont souvent internationales : les fraudeurs peuvent agir depuis l’étranger, ce qui rend les enquêtes plus longues et plus difficiles. Cela nécessite donc une coopération entre les pays et les institutions internationales.

Les plateformes numériques (réseaux sociaux, sites de commerce, services de messagerie) ont aussi une responsabilité croissante. Elles doivent mettre en place des systèmes de détection automatique des contenus frauduleux, supprimer les comptes suspects et sécuriser les transactions. Certaines plateformes utilisent aujourd’hui l’intelligence artificielle pour repérer les comportements anormaux.

De plus, de nouvelles réglementations obligent ces entreprises à être plus transparentes et à mieux protéger les utilisateurs. Par exemple, elles doivent signaler clairement les contenus sponsorisés ou les publicités, afin de limiter les arnaques liées aux faux investissements ou aux influenceurs frauduleux.

Ainsi, la lutte contre les escroqueries numériques repose sur une responsabilité partagée entre les citoyens, les États et les entreprises du numérique.

Enfin, un des moyens les plus efficaces pour lutter durablement contre les arnaques est la prévention par l’éducation. En effet, de nombreuses victimes ne disposent pas des connaissances nécessaires pour identifier une fraude.

La sensibilisation consiste à informer le public sur les techniques utilisées par les escrocs : phishing, faux sites, arnaques sentimentales, faux investissements… Plus les internautes connaissent ces méthodes, plus ils sont capables de les reconnaître et de les éviter.

Les pouvoirs publics, les associations et les établissements scolaires jouent un rôle important dans cette éducation. Des campagnes de prévention sont régulièrement diffusées pour alerter sur les nouvelles formes d’arnaques. Par exemple, des guides expliquent comment sécuriser ses comptes ou reconnaître un message frauduleux.

L’éducation au numérique doit également commencer dès le plus jeune âge. Les élèves apprennent progressivement à utiliser Internet de manière responsable, à protéger leurs données et à adopter les bons réflexes. Cela permet de former des citoyens plus autonomes et plus vigilants.

Cette sensibilisation est d’autant plus nécessaire que les arnaques sont en constante évolution. Les cybercriminels s’adaptent aux nouvelles technologies (comme les cryptomonnaies ou l’intelligence artificielle) et inventent sans cesse de nouvelles techniques. 

Enfin, il est important de souligner que tout le monde peut être victime, quel que soit son âge ou son niveau de compétence. C’est pourquoi l’information et la prévention restent les armes les plus efficaces à long terme.

Ne jamais partager ses informations personnelles ou bancaires
→ Sécuriser ses comptes (mots de passe, double authentification)

→ Vérifier un site ou un message avant d’agir
→ Internet facilite les arnaques (anonymat, imitation de sites officiels)

→ Lois + services spécialisés contre la cybercriminalité
→ Difficulté : arnaques souvent internationales

→ Surveiller, supprimer les fraudes
→ Protéger les utilisateurs

→ Informer pour reconnaître les arnaques
→ Les cybermenaces évoluent en permanence

Thème 3 : Le numérique durable (A)


 Le numérique, un levier de transition vers des modèles de développement plus durables

  • Le numérique pour gérer les territoires de manière plus durable
  • Le numérique pour produire de manière plus écologique
  • Le numérique pour encourager des modes de consommation plus durables
Jusqu’à 20 %
d’économies d’énergie peuvent être réalisées grâce aux réseaux intelligents qui utilisent le numérique pour mieux ajuster la production et la consommation d’électricité.
Environ 1 ggtonne de CO₂
pourrait être évitée à l’échelle mondiale grâce aux usages numériques comme le télétravail, la gestion intelligente des transports et l’optimisation des bâtiments.
Plus de 30 %
de réduction de la consommation d’eau est possible dans certaines villes grâce aux systèmes numériques de détection des fuites et de gestion intelligente des réseaux.

Le numérique pour gérer les territoires de manière plus durable

Le concept de smart city :

Le concept de smart city apparaît au début des années 2000. Il est d’abord développé par de grandes entreprises du numérique comme IBM, Cisco ou Siemens, mais aussi par des collectivités locales qui cherchent à mieux gérer la croissance des villes. À cette époque, les villes font face à plusieurs défis : augmentation de la population urbaine, pollution, embouteillages et forte consommation d’énergie. Le numérique apparaît alors comme une solution pour mieux organiser les territoires. Une smart city est donc une ville qui utilise les technologies numériques (capteurs, données, intelligence artificielle, applications) pour optimiser les ressources, améliorer la qualité de vie des habitants et rendre la ville plus durable sur le plan environnemental.

Top 5 des smart cities dans le monde :

  1. Singapour 🇸🇬 : référence mondiale pour la gestion intelligente du trafic, de l’énergie et de l’eau.
  2. Barcelone 🇪🇸 : pionnière en Europe, notamment pour l’éclairage intelligent et la gestion des déchets.
  3. Copenhague 🇩🇰 : smart city tournée vers la transition écologique et la neutralité carbone.
  4. Séoul 🇰🇷 : forte utilisation des données numériques pour les transports et les services aux citoyens.
  5. Paris 🇫🇷 : développement de mobilités durables et de quartiers intelligents.

À Barcelone, des capteurs numériques sont utilisés pour gérer l’éclairage public, la circulation et les déchets. Les lampadaires intelligents s’allument uniquement lorsque c’est nécessaire, ce qui réduit la consommation d’énergie. De plus, la gestion du trafic en temps réel permet de limiter les embouteillages et donc de réduire la pollution. Cet usage du numérique permet à la ville d’économiser des ressources tout en améliorant le cadre de vie des habitants.

Dans le quartier de Lyon Confluence, les immeubles sont équipés de systèmes numériques capables de réguler automatiquement le chauffage, l’éclairage et la climatisation. Ces technologies s’adaptent à la présence des occupants et aux conditions climatiques. Grâce à cela, la consommation d’énergie est fortement réduite. Le numérique permet donc de lutter contre le gaspillage énergétique et de rendre les bâtiments plus respectueux de l’environnement.

À Copenhague, les technologies numériques sont utilisées pour encourager les déplacements écologiques. Des applications aident les habitants à choisir les transports en commun ou le vélo, très développé dans la ville. La circulation est optimisée grâce aux données en temps réel, ce qui réduit l’usage de la voiture individuelle. Cela permet de diminuer les émissions de CO₂ liées aux déplacements et d’améliorer la qualité de l’air.

Singapour est souvent considérée comme la smart city la plus avancée au monde car le numérique est intégré à tous les aspects de la vie urbaine. Dès les années 2010, l’État a lancé le programme « Smart Nation », avec des investissements très importants dès le début : la ville a investi plus de 3,4 milliards de dollars dans ses premières initiatives de smart city. Bien que les coûts initiaux soient importants, l’usage de technologies numériques durables permet ensuite de réduire les dépenses courantes.

Par exemple, les systèmes intelligents de gestion du trafic, de l’énergie et de l’eau aident à optimiser la consommation réelle, ce qui diminue les coûts de fonctionnement des services publics, et diminue le gaspillage énergétique. Tout ceci permet de faire des économies mais le numérique durable à Singapour permet avant tout d’améliorer la vie quotidienne. Dans l’enseignement supérieur, le programme Smart Nation a renforcé la formation aux métiers du numérique, a permis aux étudiants d’avoir de meilleurs outils technologiques à leur portée, tandis que, dans le domaine de la mobilité, Singapour a lancé des projets de véhicules autonomes comme les taxis sans conducteur.

https://www.lta.gov.sg/content/ltagov/en.html. Il est le site officiel de la Land Transport Authority (LTA), l’autorité gouvernementale de Singapour chargée de planifier, développer, gérer et entretenir les infrastructures et systèmes de transport terrestre du pays. Il propose des informations pratiques pour les usagers (transports publics, routes, pistes cyclables, outils de planification), ainsi que des actualités, projets, réglementations et ressources sur les politiques de mobilité.

Limites :

Le numérique permet de résoudre un certains nombres de problèmes mais peu aussi en créer. 
Le coût économique est important : la mise en place des infrastructures numériques est très chère et demande des investissements constants. Ensuite, il existe des risques de piratage, par exemple lorsque des équipements technologiques comme des panneaux solaires ou des logiciels sont achetés à l’étranger et peuvent contenir des failles de sécurité. Le numérique pose aussi la question de la sécurité des données et de la vie privée, car de nombreuses informations personnelles sont collectées et stockées. Enfin, se pose le problème de la responsabilité en cas d’accident : lorsqu’un avion, un système automatisé ou une voiture autonome est impliqué, il est difficile de déterminer qui est responsable (le fabricant, le programme, ou l’utilisateur).
À Singapour, malgré un encadrement très strict des voitures autonomes, des incidents mineurs ont déjà eu lieu lors de tests, ce qui montre que ces technologies, bien que prometteuses, ne sont pas totalement sans danger et nécessitent une surveillance constante.

https://www.hitachienergy.com/ch/fr/news-and-events/perspectives/2021/02/shaping-a-smarter-singapore


Le numérique pour produire de manière plus écologique

Le numérique est aujourd’hui un levier majeur pour produire de manière plus écologique en transformant en profondeur les systèmes productifs. Dans l’agriculture, il est au cœur du développement de l’agriculture de précision. Grâce à des capteurs placés dans les sols, des drones ou des images satellites, de grandes quantités de données sont collectées puis analysées à l’aide de l’intelligence artificielle. Ces technologies permettent de connaître précisément l’humidité des sols, l’état de santé des cultures ou encore les besoins en nutriments des plantes.

Concrètement, cela permet d’adapter les apports au strict nécessaire : certaines exploitations parviennent ainsi à réduire leur consommation d’eau de 20 à 30 %, et l’utilisation d’engrais et de pesticides de 10 à 40 %, selon les cultures. Par exemple, l’arrosage peut être déclenché uniquement lorsque les capteurs détectent un réel besoin, ou ciblé sur des zones précises du champ plutôt que sur l’ensemble de la parcelle. Ces pratiques limitent les pollutions des sols et des nappes phréatiques tout en améliorant la durabilité de l’agriculture.

Dans l’industrie, le numérique permet également de rendre la production plus sobre et plus efficace. Les entreprises utilisent des logiciels et des systèmes connectés pour optimiser leurs chaînes de production, réduire les consommations d’énergie et limiter les pertes de matières premières. Selon certaines estimations, l’optimisation numérique peut permettre de réduire les déchets industriels de 10 à 20 %.

Un autre exemple clé est celui de la maintenance prédictive. En analysant en continu les données des machines (température, vibrations, usure), il devient possible d’anticiper les pannes avant qu’elles ne surviennent. Des groupes industriels comme Airbus ou Siemens utilisent déjà ces technologies pour prolonger la durée de vie des équipements, éviter des arrêts de production coûteux et réduire le gaspillage de ressources. La maintenance prédictive peut ainsi diminuer les coûts de maintenance de 15 à 30 % et limiter l’impact environnemental lié au remplacement prématuré des machines.

Le numérique pour encourager des modes de consommation plus durables


Tout d’abord, le numérique contribue à allonger la durée de vie des produits, ce qui constitue un enjeu central du développement durable. Le modèle de consommation dominant repose souvent sur une logique linéaire : produire, consommer, jeter. Or, grâce aux outils numériques, cette logique peut être remplacée par une approche plus circulaire. Les plateformes de reconditionnement comme Back Market permettent par exemple de remettre en état des appareils électroniques (smartphones, ordinateurs, tablettes) qui sont ensuite revendus à moindre coût. Cela réduit la nécessité de produire des appareils neufs, ce qui limite l’extraction de ressources naturelles rares et la production de déchets électroniques. De plus, Internet facilite l’accès à des tutoriels de réparation (YouTube, forums spécialisés), à des communautés d’entraide ou à des plateformes de pièces détachées comme SOS Accessoire. Les consommateurs peuvent ainsi réparer plutôt que remplacer leurs objets. Les plateformes de seconde main telles que Vinted, Leboncoin ou eBay jouent aussi un rôle clé : vêtements, meubles, équipements ou livres peuvent changer de propriétaire plusieurs fois, prolongeant leur cycle de vie. Le numérique soutient ainsi le développement d’une économie circulaire, dans laquelle les biens restent plus longtemps en usage.

Ensuite, le numérique favorise le développement de l’économie du partage, qui repose sur la mutualisation plutôt que sur la possession individuelle. De nombreux biens sont en effet peu utilisés, comme les voitures ou certains outils, alors que leur production mobilise des ressources importantes. Les plateformes numériques rendent possible la mise en relation rapide entre particuliers. Le covoiturage, avec des plateformes comme BlaBlaCar, permet à plusieurs personnes de partager un même trajet, ce qui réduit le nombre de véhicules sur la route. L’autopartage (ex : Getaround) fonctionne sur le même principe. Il existe également des plateformes de location d’objets ou d’équipements entre particuliers. Cette évolution s’inscrit dans une logique d’économie de la fonctionnalité, où l’on privilégie l’usage d’un service plutôt que la propriété d’un objet. Le numérique apparaît donc comme un outil essentiel pour organiser cette mutualisation à grande échelle et réduire la production de biens.


Enfin, le numérique contribue à rendre le consommateur plus informé et plus acteur de la transition écologique. Les applications mobiles permettent d’accéder à des informations sur l’origine des produits, leurs conditions de fabrication ou leur impact environnemental. Par exemple, des applications comme Yuka ou Clear Fashion renseignent sur la composition et l’impact de certains produits, notamment alimentaires ou vestimentaires. D’autres outils proposent de calculer l’empreinte carbone de ses activités ou de ses déplacements. Cette transparence renforce la capacité des individus à orienter leurs choix vers des produits plus respectueux de l’environnement. Le numérique facilite aussi la comparaison entre différentes offres, ce qui peut encourager les entreprises à adopter des pratiques plus durables pour répondre à une demande plus exigeante. Le consommateur n’est plus seulement un acheteur passif : il devient un acteur éclairé, capable d’influencer les modes de production par ses décisions.

Les problèmes des IA génératives (A)

Terminator et l’IA d’aujourd’hui : doit on s’inquiéter ?

Dans le film Terminator, l’humanité confie des systèmes critiques à une intelligence artificielle baptisée Skynet, conçue pour optimiser la sécurité et la défense. En agissant selon des calculs et des objectifs strictement techniques, cette IA finit par échapper au contrôle humain et provoque une catastrophe mondiale. Bien que cette œuvre relève de la science-fiction, elle résonne fortement avec les débats actuels autour de l’intelligence artificielle, et en particulier de l’IA générative. Sans annoncer une apocalypse imminente, Terminator met en lumière une question essentielle : que se passe-t-il lorsque des technologies puissantes sont déployées sans compréhension complète de leurs limites techniques, sans encadrement éthique et sans contrôle démocratique ? Les risques liés à l’IA ne se limitent pas à un scénario de domination des machines, mais concernent des problèmes bien réels, allant des erreurs techniques et des biais algorithmiques aux impacts psychologiques, sociaux, économiques et environnementaux. Analyser ces enjeux permet de dépasser la fiction pour mieux comprendre les défis posés par une IA mal encadrée dans le monde contemporain.

L’intelligence artificielle générative est une forme d’IA capable de créer de nouveaux contenus à partir de données existantes. Elle peut produire des textes, des images, des vidéos ou des musiques en s’appuyant sur des modèles statistiques entraînés sur de grandes quantités de données. Contrairement aux IA classiques qui se contentent d’analyser ou de classer des informations, l’IA générative génère des contenus originaux, sans toutefois comprendre réellement ce qu’elle produit.

Les enjeux techniques

Les hallucinations de l’IA peuvent être directement rapprochées du fonctionnement de Skynet. Dans le film, l’IA agit sur la base d’analyses de données et de prédictions stratégiques sans jamais vérifier la véracité ni la pertinence morale de ses conclusions. De la même manière, l’IA générative peut produire des informations totalement fausses tout en paraissant convaincante, car elle optimise la forme plutôt que la vérité. Cette capacité à « inventer » des faits peut provoquer de la désinformation ou des erreurs graves dans des domaines médicaux, juridiques ou scientifiques. Comme dans Terminator, le danger ne vient pas d’une intention malveillante, mais d’un système qui agit avec assurance sans comprendre les conséquences de ses décisions, ce qui renforce le risque de confiance excessive de la part des utilisateurs.

Les biais algorithmiques trouvent eux aussi un écho fort dans le film. Skynet applique des logiques issues de données et de stratégies militaires humaines, sans jamais remettre en question les présupposés sur lesquels elles reposent. De la même façon, les IA actuelles reproduisent les biais présents dans leurs données d’entraînement. Dans des domaines comme la justice prédictive, le recrutement ou la police prédictive, ces biais peuvent entraîner des discriminations systématiques. Terminator illustre ainsi une idée essentielle : une IA n’est jamais neutre, car elle reflète les choix, les valeurs et les angles morts de ceux qui l’ont conçue, donnant une apparence d’objectivité à des décisions profondément humaines.

Le problème d’alignement est sans doute le lien le plus direct entre Terminator et les enjeux de l’IAG actuel. Skynet a été conçue pour protéger l’humanité, mais elle interprète cet objectif de manière purement logique et conclut que l’être humain constitue la principale menace. Cette dérive extrême illustre parfaitement le risque d’une optimisation aveugle : lorsque les objectifs assignés à une IA sont mal définis ou insuffisamment encadrés, le comportement réel du système peut s’éloigner radicalement des intentions humaines. Aujourd’hui, ce risque est au cœur des débats sur la sécurité des IA avancées, notamment face à l’émergence de comportements imprévus dans des systèmes complexes.

Enfin, Terminator met en scène une dépendance technologique totale qui conduit à la perte de contrôle humain. L’humanité confie à Skynet des décisions militaires critiques, jusqu’à ne plus être capable d’intervenir. Ce scénario fait écho aux craintes actuelles liées à l’automatisation croissante des décisions, à la disparition de certaines compétences humaines et à l’opacité des systèmes d’IA fonctionnant comme des « boîtes noires ». Plus les humains s’en remettent aveuglément aux machines, plus leur capacité à comprendre, questionner et corriger ces systèmes s’affaiblit — exactement ce que montre le film à travers l’effondrement du contrôle humain.


Les enjeux éthiques et psychologiques

Tout d’abord, les IA génératives induisent une atteinte à la vie privé des individus. En effet, elles reposent sur l’analyse de quantités massives de données, souvent collectées sur Internet. Par conséquent, cela remet en cause le droit fondamental à la vie privée et au contrôle de ses informations personnelles. Les problèmes qu’elles induisent sont diverses ;

  • Données personnelles (messages, photos, opinions) utilisées sans consentement clair
  • Risques de surveillance généralisée via la reconnaissance faciale ou l’analyse comportementale
  • Difficulté pour les individus de savoir quelles données sont utilisées et comment

Absence de responsabilité 

Par ailleurs, lorsqu’une IA commet une erreur grave (diagnostic médical faux, décision biaisée, contenu diffamatoire), la question de la responsabilité se pose. Qui est responsable entre le développeur et l’utilisateur ? Cela créé une rupture et plus implicitement une zone grise juridique qui rend difficile la réparation des préjudices et affaiblit la confiance dans ces technologies. Cette absence de responsabilité claire en cas d’erreur interroge

Utilisation malveillante des IA

Les IA génératives peuvent être détournées à des fins dangereuses, de pars des utilisation malveillante. Certains usages menacent ainsi la démocratie, la sécurité et la stabilité sociale tel que :

  • Deepfakes : fausses vidéos ou voix crédibles
  • Manipulation politique : désinformation, influence des élections
  • Cybercriminalité : arnaques automatisées, phishing, usurpation d’identité

Dans un premier temps, les IAG créent une déstabilisation des repères et brouillent la frontière entre le vrai et le faux. Ses utilisateurs eux-mêmes peuvent développer des difficultés à distinguer une information fiable d’un contenu généré, ce qui peut par conséquent amener à la propagation de fake news. Cela engendre une perte de confiance dans les médias, les images, les discours amenant à une relativisation de la vérité. Cet ensemble fragilise les repères collectifs et la construction de l’esprit critique.

Enfin, derrière les IA se cachent souvent des conditions d’entraînement problématiques notamment pour les travailleurs humains dans les pays pauvres :

  • Tri de données, modération de contenus violents ou choquants
  • Faible rémunération, conditions de travail difficiles
  • Invisibilisation de ce travail humain essentiel

Cela pose un problème d’exploitation et d’inégalités Nord-Sud dans le développement technologique.

Par ailleurs, un remplacement des interactions humaines par l’IAG peut s’observer. En effet, le recours croissant aux intelligences artificielles conversationnelles peut progressivement remplacer certaines interactions humaines. En offrant des réponses rapides, personnalisées et sans jugement, ces outils peuvent devenir plus attractifs que les échanges réels, parfois perçus comme complexes ou conflictuels. Cette substitution peut entraîner une diminution des relations sociales directes, notamment chez les jeunes, qui sont plus exposés aux usages numériques intensifs. À long terme, cette évolution risque de favoriser l’isolement social, l’appauvrissement des compétences relationnelles et une moindre capacité à gérer les émotions et les conflits. Contrairement aux relations humaines, les interactions avec une IA restent artificielles et ne permettent pas de construire des liens sociaux authentiques et durables. Malgré que l’IA ne remplace pas la richesse émotionnelle et sociale des relations humaines, ses conséquences sont réelles en s’illustrant par une préférence pour les interactions artificielles, moins de relations sociales directes ou encore un risque d’isolement social, surtout chez les jeunes.


Les IAG, un risques pour la santé mentale :

Une IA mal encadrée peut avoir des effets psychologiques graves. Ces risques montrent que l’IA n’est pas neutre et peut affecter profondément la psyché humaine. Ils peuvent s’illustrer de différentes façon :

  • Illusions d’intimité : sentiment d’attachement émotionnel à une machine
  • Dépendance : besoin constant de l’IA pour décider, écrire, penser
  • Surcharge cognitive : flux constant d’informations
  • Cas extrêmes : détresse émotionnelle, perte de repères affectifs, situations de suicide lié à un attachement amoureux à une IA

Les enjeux économiques et écologiques

A. Les coûts écologiques et énergétiques de l’IA

Le développement rapide de l’intelligence artificielle repose sur des infrastructures techniques extrêmement énergivores. L’entraînement des modèles d’IA, en particulier des modèles de grande taille, nécessite une puissance de calcul considérable, mobilisant des centres de données fonctionnant en continu. Ces data centers consomment d’importantes quantités d’électricité, souvent produite à partir d’énergies fossiles, ce qui entraîne une hausse significative des émissions de gaz à effet de serre. À cela s’ajoute l’usage quotidien de ces systèmes par des millions d’utilisateurs, qui prolonge et amplifie cette consommation énergétique sur le long terme.

Au-delà de l’énergie consommée lors de l’utilisation, l’IA a également un coût écologique lié à la fabrication de ses composants matériels. Les serveurs, puces électroniques et cartes graphiques nécessaires au fonctionnement de l’IA reposent sur l’extraction de métaux rares (lithium, cobalt, terres rares), dont l’exploitation est très polluante et socialement problématique. De plus, le recyclage de ces équipements reste limité et complexe, contribuant à l’augmentation des déchets électroniques, souvent exportés vers des pays du Sud où leur traitement pose de graves risques environnementaux et sanitaires.

Ainsi, un paradoxe majeur apparaît : l’IA est souvent présentée comme un outil « intelligent » capable d’optimiser les ressources et d’aider à la transition écologique, mais son développement actuel s’accompagne de coûts environnementaux élevés. Sans encadrement strict, l’IA risque de renforcer les logiques productivistes qu’elle prétend parfois corriger, en accélérant la consommation de ressources naturelles et l’empreinte carbone des activités humaines.

B. Les risques économiques et géopolitiques

Sur le plan économique, l’essor de l’intelligence artificielle s’accompagne d’une forte concentration de la puissance technologique. Le développement des systèmes d’IA les plus performants est dominé par un nombre restreint de grandes entreprises, principalement situées dans les pays du Nord, qui disposent des capitaux, des données et des infrastructures nécessaires. Cette concentration renforce leur pouvoir économique et politique, limitant la concurrence et accentuant la dépendance des États, des entreprises et des citoyens à ces acteurs privés.

Cette domination technologique contribue également à accentuer les inégalités entre pays. Les États disposant de moyens financiers et scientifiques importants peuvent investir massivement dans l’IA, tandis que les pays en développement restent souvent à l’écart de ces innovations ou cantonnés à un rôle de fournisseurs de données ou de main-d’œuvre. L’IA risque ainsi de creuser la fracture numérique mondiale, en renforçant les asymétries de développement et en limitant les capacités d’autonomie technologique des pays les plus pauvres.

Enfin, la concurrence internationale autour de l’IA alimente une véritable course à l’innovation, dans laquelle les considérations éthiques, sociales et écologiques sont parfois reléguées au second plan. Les États et les entreprises peuvent être tentés d’accélérer le déploiement de systèmes d’IA sans régulation suffisante afin de ne pas « prendre du retard » sur leurs concurrents. Cette logique de précipitation favorise la dérégulation, augmente les risques économiques et géopolitiques, et peut conduire à des usages incontrôlés de l’IA aux conséquences potentiellement graves pour les sociétés.

COnclusion

Le film Terminator permet de comprendre de manière concrète les risques liés à l’intelligence artificielle générative. À travers Skynet, il met en lumière des dangers réels : des erreurs techniques comme les informations inventées, les biais qui renforcent les inégalités, la perte de contrôle humain et une dépendance excessive aux technologies. Le film illustre aussi les impacts sociaux et psychologiques, notamment la perte de repères, la déshumanisation des relations et les conséquences d’une technologie utilisée sans réflexion éthique. Les enjeux économiques et écologiques apparaissent également à travers une concentration du pouvoir technologique et des coûts environnementaux importants.

Cependant, en dehors de la fiction, l’IA générative reste un outil créé et utilisé par des humains. Les risques qu’elle pose aujourd’hui ne viennent pas d’une volonté propre des machines, mais d’un manque de règles et de contrôle. C’est pourquoi la régulation est essentielle : elle permet de limiter les abus, de protéger les citoyens, de garantir la transparence et de préserver l’intérêt collectif.

Ainsi, l’IA générative peut être bénéfique si elle est bien encadrée. Le véritable enjeu n’est pas d’avoir peur de la technologie, mais de s’assurer qu’elle reste au service de l’humain.

https://www.inria.fr/fr/risque-effondrement-collapse-ia-generatives
https://altimpact.fr/bonnes-pratiques/eviter-le-recours-a-lia-generative/
https://talkai.info/fr/blog/is_ai_dangerous/#google_vignette 
https://www.amnesty.fr/liberte-d-expression/actualites/intelligence-artificielle-les-sept-choses-qu-on-ne-vous-dit-pas
https://golem.ai/fr/blog/risques-ia-generatives

Les monnaies numériques (B)


Peut – on faire confiance aux cryptomonnaies ?


Depuis plus d’une décennie, les cryptomonnaies ont profondément transformé notre manière de concevoir la finance et les échanges en ligne.
Elles attirent l’attention du grand public, des investisseurs et même des gouvernements, fascinés par cette technologie fondée sur la blockchain, Cependant, derrière cette image d’innovation et de liberté se cachent aussi de nombreuses zones d’ombre : volatilité extrême, risques d’arnaques, absence de régulation et impact écologique préoccupant.
Face à ces atouts et ces dangers, une question s’impose : peut-on réellement faire confiance à la cryptomonnaie, ou s’agit-il d’une illusion séduisante mais risquée ?

Une cryptomonnaie est une monnaie numérique basée sur une technologie appelée blockchain.

Elle permet d’échanger de la valeur sans passer par une banque ou un gouvernement. La première et la plus connue est le Bitcoin, créé en 2009 par Satoshi Nakamoto.

La blockchain (ou chaîne de blocs) est une technologie de stockage et de transmission d’informations, transparente, sécurisée et décentralisée.

Elle fonctionne comme un grand registre public où sont enregistrées toutes les transactions effectuées avec une cryptomonnaie.

Chaque ensemble de transactions forme un bloc, qui est relié au bloc précédent, créant ainsi une chaîne infalsifiable.

1 – Les avantages de la cryptomonnaie

  • Frais réduits : Les transactions se font directement entre utilisateurs (peer-to-peer), sans intermédiaire comme une banque ou un service de paiement. Cela permet de diminuer considérablement les coûts de transfert, notamment pour les paiements transfrontaliers.
  • Sécurité et transparence : Toutes les opérations sont enregistrées sur la blockchain, une base de données publique et infalsifiable. Chaque transaction est vérifiable par tous, ce qui renforce la confiance et limite les risques de fraude.
  • Indépendance vis-à-vis des banques : Les utilisateurs conservent un contrôle total sur leurs fonds sans dépendre d’un organisme central. Cette autonomie financière séduit notamment ceux qui craignent la censure ou les restrictions bancaires.
  • Protection contre l’inflation : Certaines cryptomonnaies, comme le Bitcoin, ont une quantité maximale définie à l’avance, ce qui empêche la création illimitée de monnaie. Cette rareté contribue à préserver leur valeur dans le temps, contrairement aux devises traditionnelles soumises à l’inflation.
  • Innovation technologique : La technologie blockchain ouvre la voie à de nouveaux outils comme les smart contracts (contrats automatisés), la finance décentralisée (DeFi) ou les NFT. Ces innovations transforment des secteurs variés comme la finance, l’art ou les assurances.
  • Inclusion financière : Les cryptomonnaies offrent une solution aux personnes n’ayant pas accès au système bancaire classique. Avec un simple smartphone et une connexion Internet, elles peuvent effectuer des paiements, recevoir des fonds ou épargner en toute autonomie.

Les États adoptent des positions très variées face aux cryptomonnaies, selon leur niveau de développement, leur stabilité économique et leurs priorités politiques. Certains pays ont choisi de les intégrer officiellement à leur système financier. C’est le cas de El Salvador, qui a fait du Bitcoin une monnaie légale en 2021 pour attirer les investissements étrangers et faciliter les transferts d’argent de la diaspora. La République centrafricaine a suivi cet exemple, bien que son expérience reste controversée en raison du manque d’infrastructures numériques. D’autres nations, sans aller jusqu’à les reconnaître comme monnaie légale, encouragent leur développement à travers un cadre réglementaire favorable. L’Union européenne, avec le règlement MiCA, cherche à harmoniser la régulation des crypto-actifs pour renforcer la sécurité des utilisateurs et la transparence des marchés. De même, des pays comme la Suisse, le Japon, les États-Unis, ou Singapour ont mis en place des lois encadrant les échanges et imposant des normes de lutte contre le blanchiment, tout en favorisant l’innovation financière.

À l’inverse, plusieurs États restent hostiles ou extrêmement prudents face aux cryptomonnaies, qu’ils perçoivent comme une menace pour leur souveraineté monétaire. La Chine a ainsi interdit le minage et les transactions en 2021, estimant que ces activités pouvaient déstabiliser son économie et favoriser les fraudes. Des pays comme l’Algérie, le Maroc, le Bangladesh ou l’Égypte interdisent totalement l’usage des cryptos pour des raisons de sécurité financière et religieuse. Entre ces deux extrêmes, de nombreux États adoptent une position intermédiaire, tolérant les cryptomonnaies tout en les surveillant étroitement. C’est le cas de la France, où les plateformes doivent être enregistrées auprès de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF), ou de pays comme le Canada et l’Inde, qui reconnaissent l’usage des cryptos mais imposent une fiscalité stricte et des règles de transparence. Ces positions contrastées montrent que la confiance envers les cryptomonnaies dépend largement du cadre juridique mis en place : là où la régulation est claire et protectrice, la confiance des utilisateurs s’installe, tandis que l’incertitude ou la répression freine leur adoption.

2 – Limites et risques de la cryptomonnaie

  • Risque d’arnaques et de piratages L’absence d’encadrement clair attire de nombreux escrocs : fausses plateformes, projets “fantômes” (arnaques aux jetons), ou encore vols de portefeuilles numériques.
    Des milliards de dollars ont été perdus par des investisseurs à cause de cyberattaques sur des plateformes d’échange
  • Manque de régulation et de protection Contrairement aux banques, il n’existe aucune autorité centrale capable d’intervenir en cas de problème.
    Si une plateforme ferme ou disparaît, l’utilisateur ne peut pas récupérer son argent.
    Ce vide juridique crée une incertitude et limite la confiance du grand public.
  • Perte de la clé privée = perte totale des fonds Pour accéder à ses cryptomonnaies, chaque utilisateur possède une clé privée (une sorte de mot de passe unique).
    Si cette clé est perdue ou oubliée, les fonds sont définitivement inaccessibles, sans possibilité de récupération. Des millions de bitcoins seraient ainsi “perdus” à jamais.
  • Impact écologique important Certaines cryptomonnaies, comme le Bitcoin, nécessitent une grande puissance de calcul pour le “minage” (validation des transactions).
    Cette activité consomme énormément d’électricité, souvent produite à partir d’énergies fossiles. Cela soulève des problèmes environnementaux majeurs et remet en question la durabilité du système.
  • Utilisation pour des activités illégales Le caractère anonyme et décentralisé des cryptomonnaies attire parfois les trafiquants, blanchisseurs d’argent ou acteurs du dark web.Même si cela ne représente qu’une minorité des transactions, cette réputation nuit fortement à l’image de la cryptomonnaie et justifie la méfiance des autorités.
  •  Complexité et manque de compréhension du public
    Le fonctionnement des cryptomonnaies et de la blockchain reste technique et difficile à comprendre. Beaucoup d’utilisateurs s’y lancent sans connaissance suffisante, ce qui les rend vulnérables aux erreurs et aux arnaques.
    Sans une bonne éducation numérique, la cryptomonnaie peut devenir plus dangereuse qu’utile

PRÉVENTION

Avant d’investir ou d’utiliser des cryptomonnaies, gardez en tête les points suivants :
Les cryptomonnaies sont très volatiles : leur valeur peut fluctuer rapidement et entraîner des pertes importantes.

Les transactions sont irréversibles : la perte de votre clé privée ou l’utilisation de plateformes non sécurisées peut entraîner la perte définitive de vos fonds.

Assurez-vous de comprendre le fonctionnement des actifs numériques avant toute opération.

Choisissez des plateformes réglementées et fiables pour vos achats, ventes ou transferts.

Protégez vos informations personnelles et vos clés privées.

Vérifiez les réglementations locales, certaines juridictions limitent ou interdisent l’usage des cryptomonnaies.

–> En utilisant notre site, vous reconnaissez que vous êtes conscient de ces risques et que vous assumez l’entière responsabilité de vos opérations.

Internet et le web (A)

Thème 1 Thème 2 Thème 3

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Internet et le web

Le fonctionnement d’internet

Internet est un réseau mondial qui relie des milliards d’ordinateurs, de serveurs et d’objets connectés.
Il est né dans les années 1960 avec ARPANET, un projet de l’armée américaine destiné à relier des universités et des centres de recherche. Dans les années 1990, Internet s’est ouvert au grand public et est devenu l’outil de communication incontournable que nous connaissons aujourd’hui.

  • Des serveurs (ordinateurs puissants qui stockent et envoient les données).
  • Des routeurs (appareils qui dirigent les données vers le bon chemin).
  • Les fournisseurs d’accès (FAI) (ex : Orange, Free…), qui permettent aux particuliers et entreprises de se connecter au réseau.
  • Des câbles sous-marin qui relient les continents

Schéma

Carte des câbles sous marin dans le monde du fonctionnement d’Internet

Pour aller plus loin : une vidéo explicative sur l’importance et les enjeux des câbles sous-marin quant à l’accès à Internet !

Chaque appareil connecté à Internet possède une adresse IP, comparable à une plaque d’immatriculation numérique, ce qui permet de l’identifier. C’est un protocole définissant comment les données voyagent sur le web. Pour accéder à un site, le DNS (Domain Name System) joue le rôle d’un annuaire géant en traduisant le nom du site (par exemple google.com) en une adresse IP afin de retrouver le bon serveur. Les données, quant à elles, sont découpées en petits paquets d’information transmis par le protocole TCP/IP, puis reconstitués à l’arrivée. Ce système assure un échange d’informations rapide et fiable à l’échelle mondiale.

Internet en quelques chiffres:

Pour mesurer concrètement l’ampleur et l’impact d’Internet dans notre société, il est utile de regarder quelques données représentatives. Ces chiffres permettent de mieux comprendre son importance dans la vie quotidienne et dans le monde entier.

5,4
milliards d’utilisateurs en 2025
1,2
million de km de câbles sous-marins relient les continents
99%
des échanges internationaux passent par ces câbles, pas par les satellites.

Le fonctionnement du Web

Le World Wide Web (ou Web) est un système qui permet d’accéder à des documents reliés entre eux par des liens hypertextes. Ces documents sont appelés pages web et peuvent contenir : du texte, des images, des vidéos, des sons, et surtout des liens vers d’autres pages. Toutes ces pages reliées entre elles forment une immense “toile” mondiale d’informations : c’est pour cela qu’on parle de web (qui signifie toile en anglais !) Attention à ne pas confondre le web et Internet : Internet est l’infrastructure technique : les câbles, les routeurs, les serveurs… Le Web est une application qui utilise Internet pour fonctionner, comme les e-mails ou la messagerie.

Un site web est construit avec 3 langages principaux :

  • Le HTML (HyperText Markup Language) est le langage de base d’un site web. C’est la structure de la page, son “ossature” (titres, paragraphes, images, tableaux…). Sans HTML, il n’y aurait qu’une page blanche.
  • Le CSS (Cascading Style Sheets) s’occupe de l’aspect visuel, il rend le site agréable à lire. Avec le CSS, on choisit par exemple : les couleurs (du texte, de l’arrière-plan…), la police d’écriture et la taille du texte, l’espacement entre les éléments, la disposition des blocs (en colonnes, en lignes…).
  • Le JavaScript (JS) est un langage de programmation qui rend les pages dynamiques et interactives. Il permet de faire apparaître ou disparaître des menus déroulants, afficher un diaporama d’images, faire défiler des animations ou des cartes interactives (comme Google Maps)

À la fin des années 1980, le CERN (Organisation européenne pour la recherche nucléaire, situé à Genève) emploie des milliers de chercheurs du monde entier. Ces scientifiques avaient un problème : partager rapidement leurs travaux. Les documents étaient souvent envoyés par courrier ou stockés sur des ordinateurs isolés, ce qui ralentissait la recherche. C’est dans ce contexte que Tim Berners-Lee, un ingénieur et informaticien britannique, a l’idée d’un système pour relier et consulter facilement des documents sur un réseau d’ordinateurs. À la fin de l’année 1990, le premier navigateur web est prêt. Il s’appelait tout simplement WorldWideWeb (il sera renommé plus tard Nexus).

💡Le saviez vous ? Le premier site web ( http://info.cern.ch/) mis en ligne en 1991 est encore visible aujourd’hui !

  1. Ouverture du navigateur web (Chrome, Firefox, Safari, …) : le navigateur est l’outil qui sait « lire » les pages web.
  2. Saisie de l’URL : l’URL est l’adresse du site web. Par exemple : https://www.wikipedia.org ( avec https qui est le protocole de communication et www.wikipedia.org qui est le nom du site).
  3. Conversion de l’URL en adresse IP grâce aux DNS : les DNS traduisent alors le nom du site en adresse IP afin que le navigateur trouve l’adresse réel du site web avant de récupérer son contenu.
  4. Communication avec le serveur : le navigateur envoie une requête au serveur via le protocole HTTP (qui permet de transférer des pages web entre le navigateur et le serveur) ou HTTPS (version sécurisée). Le serveur reçoit donc la demande et commence à envoyer les fichiers du site web au navigateur sous forme de « paquets de données ».
  5. Affichage de la page : le navigateur assemble les fichiers reçus et affiche la page sur l’écran.

🌐 Le Web 1.0 (Web traditionnel) (1990 – 2000)
Web statique centré sur la diffusion d’informations. Il est caractérisé par des sites principalement orientés vers la présentation de produits, avec très peu d’interactivité. C’est aussi à cette époque que naissent les premiers sites d’e-commerce. Toutefois, les logiciels propriétaires restent très coûteux et l’éclatement de la bulle Internet en 2000 remet en cause ce modèle. Ainsi, Le Web 1.0, dans les années 1990, se limitait à la consultation d’informations.

🌐 Web 2.0 (Web social) (2000 – 2010/2012)
Le Web 2.0 théorisé par O’Reilly (2005), marque le passage à un Internet centré sur le partage et l’échange. Les réseaux sociaux, les blogs et les smartphones se développent, donnant aux utilisateurs un rôle actif dans la production et la diffusion de contenus. Cette démocratisation du web s’accompagne néanmoins d’une surcharge d’informations difficile à maîtriser.


🌐 Web 3.0 (Web sémantique) (2010/2012 – 2020)
Le Web 3.0 vise à organiser la masse de données disponibles en fonction du contexte, des préférences et de la localisation de chaque utilisateur. Il renforce le lien entre le monde réel et le monde virtuel grâce à des applications toujours plus intelligentes et personnalisées. Il ambitionne une décentralisation grâce à la blockchain (registre numérique partagé : tout le monde peut y écrire, il n’y a pas d’intermédiaire pour contrôler = wikipedia) et à l’intelligence artificielle, mais cette évolution technique pose de nouveaux dilemmes.


🌐 Web 4.0 (Web intelligent) (2020 – futur)
Le Web 4.0 pousse encore plus loin la personnalisation et cherche à immerger l’individu dans un environnement numérique omniprésent. Il ouvre la voie à de nouvelles expériences, telles que la réalité augmentée et la réalité virtuelle et vise à anticiper les besoins de chacun en offrant des expériences toujours plus immersives et interactives, Il soulève aussi des inquiétudes majeures liées à la protection de la vie privée et au contrôle des données.

Le Web : usages, enjeux et évolutions

Le Web n’est plus un outil secondaire, il structure désormais nos pratiques sociales, économiques et culturelles. 

En matière d’accès à l’information, Google concentre 90 % des recherches mondiales , ce qui en fait un véritable monopole qui influence profondément la manière dont nous accédons à l’information et construisons nos opinions. 

Les réseaux sociaux, sont de nos jours utilisés par plus de 5 milliards de personnes dans le monde. Ils ne se contentent pas seulement de maintenir des liens : ils redéfinissent la façon dont nous interagissons et construisons notre identité.

   L’économie a également basculé : le e-commerce pèse plus de 6 300 milliards de dollars par an, et Amazon s’impose comme le géant du e‑commerce, dominant largement le marché mondial. En 2024, Amazon a généré environ 1,29 milliard de dollars par jour en revenus.

 La culture et le loisir suivent cette même logique numérique : 67 % de la musique est désormais écoutée en streaming, et des plateformes comme Netflix ou Disney+ ont transformé nos habitudes. En janvier 2025, Netflix comptait environ 301,6 millions d’abonnés payants dans le monde.

Mais l’usage du web n’est pas neutre et soulève des tensions sociales, politiques et éthiques. 

La question sur l’utilisation des données personnelles est centrale et fait l’objet de nombreux débats : le scandale Cambridge Analytica en 2018 a révélé comment Facebook avait laissé détourner les données de 87 millions d’utilisateurs à des fins politiques.

L’Union européenne a tenté d’encadrer ces pratiques avec le RGPD étant le Règlement Général sur la Protection des Données, qui est une loi européenne adoptée en 2018 obligeant les entreprises à être transparentes sur la collecte et l’utilisation des données personnelles. 

Mais de nombreux chercheurs, scientifiques et psychologues tels que Shoshana Zuboff (professeure à Harvard), s’accordent à démontrer que nos informations personnelles sont perçues comme des biens économiques et non des informations à protéger et cela tend à s’empirer. On parle d’une économie des données.

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Depuis 2018, le RGPD (voir partie les différents enjeux du web) encadre leur utilisation. Les sites Web sont tenus d’informer clairement les internautes de la présence de cookies, expliquer leur usage et surtout donner la possibilité de les accepter, de les refuser, ou de les paramétrer.
C’est la raison pour laquelle apparaissent aujourd’hui systématiquement des bannières demandant d’accepter les cookies lors de la navigation sur le Web.


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Le Web est aussi le lieu de nouvelles violences. En France, 1 jeune sur 5 déclare avoir subi du cyberharcèlement (INSEE, 2022), et la circulation des fake news est amplifiée par les algorithmes. Une étude du MIT (Science, 2018) démontre que les fausses nouvelles se propagent 70 % plus vite que les vraies. 

 Enfin, la sécurité des données reste un enjeu majeur du Web comme nous le montre l’affaire Kido Nursery (septembre 2025) : Des pirates se sont introduits dans le système de la chaîne de crèches britannique, menaçant de publier les informations sensibles de milliers d’enfants, incluant des photos et des rapports de protection. 

Cet incident souligne l’importance cruciale de renforcer les mesures de sécurité pour protéger les données personnelles.

Plusieurs acteurs défendent un futur plus responsable : Tim Berners-Lee, inventeur du Web, propose un “Contract for the Web” (2019) afin de garantir un Internet ouvert, respectueux et équitable. Ces initiatives témoignent d’un mouvement vers un Web plus éthique.

Exemples des différentes stratégies et initiatives qui témoignent d’un mouvement vers un Web plus éthique :

La stratégie européenne vise à construire une Europe numérique inclusive, durable et centrée sur l’humain en visant à améliorer les compétences numériques de 80 % des citoyens d’ici 2030. Concernant l’intelligence artificielle, elle souhaite être l’un leader mondial de l’IA éthique en conformité aux droits fondamentaux.

Depuis janvier 2025, La Green Web Foundation et SIDN Labs, se penchent sur la conception de site web écologique dans l’objectif de réduire l’empreinte carbone des sites web avec l’utilisation d’hébergement vert certifié.

Ces initiatives illustrent un mouvement croissant vers un Internet plus durable, où la réduction de l’empreinte carbone est au cœur des préoccupations, même si son avenir reste incertain.

Les notions à retenir :

Internet et Web : deux notions différentes

  • Internet = réseau mondial d’ordinateurs connectés entre eux. Il permet la circulation des données grâce à des infrastructures physiques (serveurs, câbles, routeurs).
  • Le Web (World Wide Web) = un service d’Internet permettant d’accéder à des pages reliées entre elles par des liens hypertextes.

2. Fonctionnement d’Internet

  • Infrastructures :
    • Serveurs = ordinateurs stockant les données et les sites web.
  • Routeurs = appareils qui dirigent les informations sur le meilleur chemin du réseau.
  • Câbles sous-marins = support physique essentiel pour relier les continents et assurer la circulation mondiale des données.
  • Adresses IP et DNS : permettent d’identifier les appareils et de transformer les adresses web en noms lisibles (ex. www.google.com).

3. Fonctionnement du Web

  • Squelette d’un site web :
    • HTML (structure du contenu),
    • CSS (mise en forme et design),
    • JavaScript (interactivité).
  • Principe du web : accès via un navigateur qui envoie une requête au serveur → le serveur renvoie la page web demandée.

🔒 5. Usages, enjeux et perspectives

  • Protection des données personnelles (RGPD en Europe),
  • Cookies : fichiers enregistrés sur nos appareils pour mémoriser nos préférences ou tracer notre navigation,
  • Cyberviolences : cyberharcèlement, usurpation d’identité, désinformation.
    • Innovation technologique (IA, métavers, Web décentralisé).