Internet et le web (A)

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Internet et le web

Le fonctionnement d’internet

Internet est un réseau mondial qui relie des milliards d’ordinateurs, de serveurs et d’objets connectés.
Il est né dans les années 1960 avec ARPANET, un projet de l’armée américaine destiné à relier des universités et des centres de recherche. Dans les années 1990, Internet s’est ouvert au grand public et est devenu l’outil de communication incontournable que nous connaissons aujourd’hui.

  • Des serveurs (ordinateurs puissants qui stockent et envoient les données).
  • Des routeurs (appareils qui dirigent les données vers le bon chemin).
  • Les fournisseurs d’accès (FAI) (ex : Orange, Free…), qui permettent aux particuliers et entreprises de se connecter au réseau.
  • Des câbles sous-marin qui relient les continents

Schéma

Carte des câbles sous marin dans le monde du fonctionnement d’Internet

Pour aller plus loin : une vidéo explicative sur l’importance et les enjeux des câbles sous-marin quant à l’accès à Internet !

Chaque appareil connecté à Internet possède une adresse IP, comparable à une plaque d’immatriculation numérique, ce qui permet de l’identifier. C’est un protocole définissant comment les données voyagent sur le web. Pour accéder à un site, le DNS (Domain Name System) joue le rôle d’un annuaire géant en traduisant le nom du site (par exemple google.com) en une adresse IP afin de retrouver le bon serveur. Les données, quant à elles, sont découpées en petits paquets d’information transmis par le protocole TCP/IP, puis reconstitués à l’arrivée. Ce système assure un échange d’informations rapide et fiable à l’échelle mondiale.

Internet en quelques chiffres:

Pour mesurer concrètement l’ampleur et l’impact d’Internet dans notre société, il est utile de regarder quelques données représentatives. Ces chiffres permettent de mieux comprendre son importance dans la vie quotidienne et dans le monde entier.

5,4
milliards d’utilisateurs en 2025
1,2
million de km de câbles sous-marins relient les continents
99%
des échanges internationaux passent par ces câbles, pas par les satellites.

Le fonctionnement du Web

Le World Wide Web (ou Web) est un système qui permet d’accéder à des documents reliés entre eux par des liens hypertextes. Ces documents sont appelés pages web et peuvent contenir : du texte, des images, des vidéos, des sons, et surtout des liens vers d’autres pages. Toutes ces pages reliées entre elles forment une immense “toile” mondiale d’informations : c’est pour cela qu’on parle de web (qui signifie toile en anglais !) Attention à ne pas confondre le web et Internet : Internet est l’infrastructure technique : les câbles, les routeurs, les serveurs… Le Web est une application qui utilise Internet pour fonctionner, comme les e-mails ou la messagerie.

Un site web est construit avec 3 langages principaux :

  • Le HTML (HyperText Markup Language) est le langage de base d’un site web. C’est la structure de la page, son “ossature” (titres, paragraphes, images, tableaux…). Sans HTML, il n’y aurait qu’une page blanche.
  • Le CSS (Cascading Style Sheets) s’occupe de l’aspect visuel, il rend le site agréable à lire. Avec le CSS, on choisit par exemple : les couleurs (du texte, de l’arrière-plan…), la police d’écriture et la taille du texte, l’espacement entre les éléments, la disposition des blocs (en colonnes, en lignes…).
  • Le JavaScript (JS) est un langage de programmation qui rend les pages dynamiques et interactives. Il permet de faire apparaître ou disparaître des menus déroulants, afficher un diaporama d’images, faire défiler des animations ou des cartes interactives (comme Google Maps)

À la fin des années 1980, le CERN (Organisation européenne pour la recherche nucléaire, situé à Genève) emploie des milliers de chercheurs du monde entier. Ces scientifiques avaient un problème : partager rapidement leurs travaux. Les documents étaient souvent envoyés par courrier ou stockés sur des ordinateurs isolés, ce qui ralentissait la recherche. C’est dans ce contexte que Tim Berners-Lee, un ingénieur et informaticien britannique, a l’idée d’un système pour relier et consulter facilement des documents sur un réseau d’ordinateurs. À la fin de l’année 1990, le premier navigateur web est prêt. Il s’appelait tout simplement WorldWideWeb (il sera renommé plus tard Nexus).

💡Le saviez vous ? Le premier site web ( http://info.cern.ch/) mis en ligne en 1991 est encore visible aujourd’hui !

  1. Ouverture du navigateur web (Chrome, Firefox, Safari, …) : le navigateur est l’outil qui sait « lire » les pages web.
  2. Saisie de l’URL : l’URL est l’adresse du site web. Par exemple : https://www.wikipedia.org ( avec https qui est le protocole de communication et www.wikipedia.org qui est le nom du site).
  3. Conversion de l’URL en adresse IP grâce aux DNS : les DNS traduisent alors le nom du site en adresse IP afin que le navigateur trouve l’adresse réel du site web avant de récupérer son contenu.
  4. Communication avec le serveur : le navigateur envoie une requête au serveur via le protocole HTTP (qui permet de transférer des pages web entre le navigateur et le serveur) ou HTTPS (version sécurisée). Le serveur reçoit donc la demande et commence à envoyer les fichiers du site web au navigateur sous forme de « paquets de données ».
  5. Affichage de la page : le navigateur assemble les fichiers reçus et affiche la page sur l’écran.

🌐 Le Web 1.0 (Web traditionnel) (1990 – 2000)
Web statique centré sur la diffusion d’informations. Il est caractérisé par des sites principalement orientés vers la présentation de produits, avec très peu d’interactivité. C’est aussi à cette époque que naissent les premiers sites d’e-commerce. Toutefois, les logiciels propriétaires restent très coûteux et l’éclatement de la bulle Internet en 2000 remet en cause ce modèle. Ainsi, Le Web 1.0, dans les années 1990, se limitait à la consultation d’informations.

🌐 Web 2.0 (Web social) (2000 – 2010/2012)
Le Web 2.0 théorisé par O’Reilly (2005), marque le passage à un Internet centré sur le partage et l’échange. Les réseaux sociaux, les blogs et les smartphones se développent, donnant aux utilisateurs un rôle actif dans la production et la diffusion de contenus. Cette démocratisation du web s’accompagne néanmoins d’une surcharge d’informations difficile à maîtriser.


🌐 Web 3.0 (Web sémantique) (2010/2012 – 2020)
Le Web 3.0 vise à organiser la masse de données disponibles en fonction du contexte, des préférences et de la localisation de chaque utilisateur. Il renforce le lien entre le monde réel et le monde virtuel grâce à des applications toujours plus intelligentes et personnalisées. Il ambitionne une décentralisation grâce à la blockchain (registre numérique partagé : tout le monde peut y écrire, il n’y a pas d’intermédiaire pour contrôler = wikipedia) et à l’intelligence artificielle, mais cette évolution technique pose de nouveaux dilemmes.


🌐 Web 4.0 (Web intelligent) (2020 – futur)
Le Web 4.0 pousse encore plus loin la personnalisation et cherche à immerger l’individu dans un environnement numérique omniprésent. Il ouvre la voie à de nouvelles expériences, telles que la réalité augmentée et la réalité virtuelle et vise à anticiper les besoins de chacun en offrant des expériences toujours plus immersives et interactives, Il soulève aussi des inquiétudes majeures liées à la protection de la vie privée et au contrôle des données.

Le Web : usages, enjeux et évolutions

Le Web n’est plus un outil secondaire, il structure désormais nos pratiques sociales, économiques et culturelles. 

En matière d’accès à l’information, Google concentre 90 % des recherches mondiales , ce qui en fait un véritable monopole qui influence profondément la manière dont nous accédons à l’information et construisons nos opinions. 

Les réseaux sociaux, sont de nos jours utilisés par plus de 5 milliards de personnes dans le monde. Ils ne se contentent pas seulement de maintenir des liens : ils redéfinissent la façon dont nous interagissons et construisons notre identité.

   L’économie a également basculé : le e-commerce pèse plus de 6 300 milliards de dollars par an, et Amazon s’impose comme le géant du e‑commerce, dominant largement le marché mondial. En 2024, Amazon a généré environ 1,29 milliard de dollars par jour en revenus.

 La culture et le loisir suivent cette même logique numérique : 67 % de la musique est désormais écoutée en streaming, et des plateformes comme Netflix ou Disney+ ont transformé nos habitudes. En janvier 2025, Netflix comptait environ 301,6 millions d’abonnés payants dans le monde.

Mais l’usage du web n’est pas neutre et soulève des tensions sociales, politiques et éthiques. 

La question sur l’utilisation des données personnelles est centrale et fait l’objet de nombreux débats : le scandale Cambridge Analytica en 2018 a révélé comment Facebook avait laissé détourner les données de 87 millions d’utilisateurs à des fins politiques.

L’Union européenne a tenté d’encadrer ces pratiques avec le RGPD étant le Règlement Général sur la Protection des Données, qui est une loi européenne adoptée en 2018 obligeant les entreprises à être transparentes sur la collecte et l’utilisation des données personnelles. 

Mais de nombreux chercheurs, scientifiques et psychologues tels que Shoshana Zuboff (professeure à Harvard), s’accordent à démontrer que nos informations personnelles sont perçues comme des biens économiques et non des informations à protéger et cela tend à s’empirer. On parle d’une économie des données.

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Depuis 2018, le RGPD (voir partie les différents enjeux du web) encadre leur utilisation. Les sites Web sont tenus d’informer clairement les internautes de la présence de cookies, expliquer leur usage et surtout donner la possibilité de les accepter, de les refuser, ou de les paramétrer.
C’est la raison pour laquelle apparaissent aujourd’hui systématiquement des bannières demandant d’accepter les cookies lors de la navigation sur le Web.


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Le Web est aussi le lieu de nouvelles violences. En France, 1 jeune sur 5 déclare avoir subi du cyberharcèlement (INSEE, 2022), et la circulation des fake news est amplifiée par les algorithmes. Une étude du MIT (Science, 2018) démontre que les fausses nouvelles se propagent 70 % plus vite que les vraies. 

 Enfin, la sécurité des données reste un enjeu majeur du Web comme nous le montre l’affaire Kido Nursery (septembre 2025) : Des pirates se sont introduits dans le système de la chaîne de crèches britannique, menaçant de publier les informations sensibles de milliers d’enfants, incluant des photos et des rapports de protection. 

Cet incident souligne l’importance cruciale de renforcer les mesures de sécurité pour protéger les données personnelles.

Plusieurs acteurs défendent un futur plus responsable : Tim Berners-Lee, inventeur du Web, propose un “Contract for the Web” (2019) afin de garantir un Internet ouvert, respectueux et équitable. Ces initiatives témoignent d’un mouvement vers un Web plus éthique.

Exemples des différentes stratégies et initiatives qui témoignent d’un mouvement vers un Web plus éthique :

La stratégie européenne vise à construire une Europe numérique inclusive, durable et centrée sur l’humain en visant à améliorer les compétences numériques de 80 % des citoyens d’ici 2030. Concernant l’intelligence artificielle, elle souhaite être l’un leader mondial de l’IA éthique en conformité aux droits fondamentaux.

Depuis janvier 2025, La Green Web Foundation et SIDN Labs, se penchent sur la conception de site web écologique dans l’objectif de réduire l’empreinte carbone des sites web avec l’utilisation d’hébergement vert certifié.

Ces initiatives illustrent un mouvement croissant vers un Internet plus durable, où la réduction de l’empreinte carbone est au cœur des préoccupations, même si son avenir reste incertain.

Les notions à retenir :

Internet et Web : deux notions différentes

  • Internet = réseau mondial d’ordinateurs connectés entre eux. Il permet la circulation des données grâce à des infrastructures physiques (serveurs, câbles, routeurs).
  • Le Web (World Wide Web) = un service d’Internet permettant d’accéder à des pages reliées entre elles par des liens hypertextes.

2. Fonctionnement d’Internet

  • Infrastructures :
    • Serveurs = ordinateurs stockant les données et les sites web.
  • Routeurs = appareils qui dirigent les informations sur le meilleur chemin du réseau.
  • Câbles sous-marins = support physique essentiel pour relier les continents et assurer la circulation mondiale des données.
  • Adresses IP et DNS : permettent d’identifier les appareils et de transformer les adresses web en noms lisibles (ex. www.google.com).

3. Fonctionnement du Web

  • Squelette d’un site web :
    • HTML (structure du contenu),
    • CSS (mise en forme et design),
    • JavaScript (interactivité).
  • Principe du web : accès via un navigateur qui envoie une requête au serveur → le serveur renvoie la page web demandée.

🔒 5. Usages, enjeux et perspectives

  • Protection des données personnelles (RGPD en Europe),
  • Cookies : fichiers enregistrés sur nos appareils pour mémoriser nos préférences ou tracer notre navigation,
  • Cyberviolences : cyberharcèlement, usurpation d’identité, désinformation.
    • Innovation technologique (IA, métavers, Web décentralisé).

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