L’utilisation du numérique pour mettre en évidence le réchauffement climatique
En 2023, la planète a enregistré l’année la plus chaude jamais mesurée. Cette affirmation repose sur des millions de données collectées par des satellites, des capteurs océaniques et des stations météorologiques connectées. Le réchauffement climatique est aujourd’hui visible grâce au numérique, qui transforme des phénomènes globaux complexes en courbes, cartes et projections scientifiques.
Depuis le début de l’ère industrielle, le climat de la Terre connaît un réchauffement rapide et inédit à l’échelle de l’histoire humaine. Selon le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), la température moyenne mondiale a augmenté d’environ +1,1°C par rapport à la période 1850-1900.
Mais comment mesure-t-on précisément cette évolution ?
Comment peut-on affirmer scientifiquement que le réchauffement est réel, global et d’origine humaine ?
La réponse repose en grande partie sur le développement du numérique : satellites, capteurs connectés, bases de données mondiales, supercalculateurs et modélisations climatiques permettent aujourd’hui de mesurer, analyser et visualiser le climat à l’échelle planétaire.
Problématique :
Comment le numérique permet il de mesurer, comprendre et rendre visible le réchauffement climatique afin d’éclairer les décisions scientifiques et politiques ?
I. Le numérique comme outil de mesure et d’objectivation du réchauffement climatique
Le numérique joue un rôle central dans la production des preuves scientifiques du réchauffement. Il permet une collecte massive de données, leur traitement informatique et leur transformation en informations exploitables.
A. Les satellites : observer la Terre à grande échelle
Les satellites climatiques constituent l’un des outils majeurs de la surveillance du climat. Depuis les années 1970, ils permettent une observation continue et globale de la planète.
👉Le numérique permet une observation continue, globale et objective du climat, impossible à réaliser uniquement par observation humaine directe.
B. Capteurs terrestres et Internet des objets (IoT)
En complément des satellites, des millions de capteurs connectés mesurent le climat au sol et dans les océans.
Définition :
L’Internet des objets (IoT) désigne l’ensemble des objets physiques connectés à Internet capables de collecter et transmettre des données en temps réel.
👉 Les données sont récoltées en temps réel et en très grande quantité.
C. Big Data, modélisation et intelligence artificielle
Le réchauffement climatique génère des volumes gigantesques de données. Leur analyse repose sur le Big Data.
Définition :
Le Big Data désigne l’ensemble des techniques permettant de traiter des volumes massifs de données variées et complexes.
👉 Le numérique ne se contente pas de mesurer : il permet d’anticiper.
Grâce au numérique, les données climatiques ne sont plus réservées aux scientifiques.
Elles sont accessibles au grand public, aux journalistes, aux étudiants et aux décideurs politiques.
Le numérique joue donc un rôle fondamental non seulement dans la mesure du réchauffement, mais aussi dans sa diffusion et sa compréhension collective.
II. L’accessibilité et la diffusion numérique des données climatiques
Le numérique n’a pas que pour objectif de mesurer le réchauffement climatique, il permet aussi de rendre les résultat accessibles à tous (grand public, journalistes, étudiants, décideurs politiques…). Ces informations climatiques sont rendues disponibles en ligne, tout le monde peut les consulter librement et elle sont souvent illustrées ou rendus interactifs pour les rendre plus visuelles. Le numérique joue donc un rôle dans la démocratisation de la connaissance climatique.
Où trouver des données fiables ?
Suite à la multiplication des informations sur internet, il est essentiel de s’appuyer sur des sources scientifiques reconnues. Voici des exemples de sources fiables sur le climat
Visualisation et création de graphiques
Les données brutes (chiffres, tableaux) sont souvent difficiles à comprendre.
Le numérique permet de transformer ces données en représentations visuelles claires et accessibles.
Par exemple, ce site permet de comprendre le réchauffement climatique en 7 graphiques : Comprendre le réchauffement climatique en 7 graphiques
1
Les plateformes interactives avec des sites comme Our World in Data ou Copernicus proposent des graphiques dynamiques, des cartes interactives, des comparaisons entre pays, des filtres temporels (ex : 1900–2023). L’utilisateur permet de voir l’évolution des données en temps réel. Cela rend le réchauffement climatique visible et compréhensible.
2
Le numérique permet de créer des graphiques.
Les chercheurs et les journalistes utilisent :
– Excel pour analyser et représenter des données
– Python (langage de programmation scientifique)
– R pour les analyses statistiques
– Datawrapper pour créer des graphiques interactifs
Ces outils permettent de comparer des séries temporelles, de montrer des corrélations (ex : CO₂ et température) ou encore de représenter des projections futures
3
Les cartes interactives sont aussi un outils utile. Les systèmes d’information géographique (SIG) permettent par exemple de cartographier la montée des eaux, visualiser les zones de sécheresse, observer la déforestation…. Ces cartes rendent les impacts du réchauffement concrets et localisés.
4
Les graphiques permettent de comparer en montrant par exemple la hausse des températures depuis 1850, l’évolution parallèle du CO₂ et de la température ou même la réduction de la banquise arctique depuis 1979. La visualisation transforme une donnée abstraite en preuve visible. Le numérique rend donc le réchauffement climatique mesurable, mais surtout compréhensible.
Ce graphique reprend des données du GIEC en les illustrant avec un graphique pour faciliter le compréhension du phénomène

Publication et vulgarisation scientifique
Produire des données ne suffit pas. Il faut ensuite les expliquer et les diffuser. Le numérique permet de transformer une donnée scientifique complexe en message accessible.
Par exemple, via des vidéos et des conférences. Des climatologues en publient bon nombre en ligne. Ce sont des interventions pédagogiques qui permettent de donner des explications vulgarisées. Les plateformes comme YouTube ou les sites universitaires permettent une diffusion massive. Dans cette vidéo par exemple, le réchauffement climatique est expliqué de manière sérieuse, rapide et illustré : Le réchauffement climatique expliqué en 3 minutes
Des chercheurs, institutions et médias scientifiques utilisent les réseaux sociaux pour de la diffusion scientifique. Ex de réseaux : Twitter / X, LinkedIn, Instagram, Threads. Ils publient des rapports et des graphiques simplifiés mais cela peut aussi être sous forme d’alertes sur les records de température. Cela permet une diffusion rapide de l’information scientifique.
Les infographies qui combinent données chiffrées, illustrations et schémas explicatifs rendent les rapports scientifiques plus accessibles au grand public.
Les journaux en ligne et les médias spécialisés ont aussi pour rôle de publier ces informations de manière pédagogiques, cela permet de comprendre les enjeux climatiques et d’accéder aux preuves scientifiques.
Au-delà des outils et de l’accessibilité, que montrent réellement les données ?
C’est ce que nous allons analyser à travers une étude de cas basée sur les données du GIEC normand.
III) Un cas concret : l’exemple des Îlots de Chaleurs Urbains dans la ville de Caen
Les Îlots de Chaleurs Urbains
À l’échelle urbaine, l’effet le plus direct du réchauffement climatique est celui des Îlots de Chaleurs Urbains (ICU).
Les matériaux urbains ont tendance à absorber l’énergie solaire le jour, puis rejettent cette énergie durant la nuit. Ce phénomène empêche pour ainsi dire la ville de refroidir. Concrètement cela se traduit par des écarts de températures important, l’été il peut ainsi y avoir jusqu’a 10°C de différence entre les centre-villes de certaines métropoles et leurs périphérie rurale.
Ainsi, dans le cadre du développement durable et afin de garantir le confort des citadins/ habitants, des politiques d’atténuation de ces îlots de chaleurs urbains sont mis en place. Les villes essaient donc de végétaliser massivement leurs centres-villes, de « désimperméabiliser » leurs centre-villes (casser le bitume afin de laisser la terre respirer) mais également des techniques plus récentes tels que le cool roofing, qui consiste à peindre les toits en blancs afin de renvoyer la chaleur. Cependant avant de mettre en place de telles pratiques, il est nécessaire d’observer, de mesurer où se situe ces îlots de chaleurs. C’est ici que la technologie révèle toute son utilité dans la lutte face au réchauffement climatique.
L’exemple de la ville de Caen.
Travail se basant sur les Études réalisées par Olivier Cantat, géographe et climatologue et membre du GIEC normand.
Afin de réaliser ses études, Olivier Cantat a installé dans Caen et sa périphérie plusieurs petites stations météorologiques, permettant en temps réel de connaître la température en différents points, lieux.
A retenir :
Le numérique n’est pas seulement un outil de mesure, il constitue aujourd’hui l’infrastructure essentielle de production, de traitement et de diffusion des connaissances scientifiques. Les données climatiques ne sont plus isolées dans des laboratoires : elles sont collectées à l’échelle mondiale par des réseaux de capteurs automatisés (satellites, bouées océaniques, stations météorologiques), transmises par Internet et stockées dans des bases de données numériques accessibles. Ces données sont ensuite analysées à l’aide de supercalculateurs, de modèles climatiques et de techniques de Big Data qui permettent non seulement de mesurer des variables comme les températures, la concentration de CO₂ ou le niveau des océans, mais aussi de simuler et de prédire l’évolution future du climat. Enfin, grâce à l’open data et à des plateformes interactives (graphiques, cartes, visualisations), ces informations deviennent accessibles à tous — scientifiques, décideurs politiques, étudiants et citoyens — ce qui facilite la compréhension et la prise de décision éclairée sur les enjeux climatiques du XXIe siècle.
Une vidéo pour approfondir :
Sources
- https://www.manutan.com/blog/fr/economie-circulaire/le-digital-formidable-levier-pour-leconomie-circulaire
- https://science-ouverte.inrae.fr/fr/le-numerique-pour-la-science-et-les-donnees-scientifiques
- https://www.ipcc.ch/languages-2/francais/
- https://meteofrance.com/actualites-et-dossiers/actualites/ressources-utiles-sur-le-changement-climatique
- https://cnes.fr/dossiers/climat
- https://www.esa.int/Space_in_Member_States/France/Un_site_internet_met_le_climat_entre_vos_mains?
- https://caenlamer.fr/actualites/ilots-chaleur-urbains
- https://drive.google.com/file/d/16ixJHSrSe-EaOelXe6wQvE5NxdTIEGBc/view
- https://drive.google.com/file/d/1fm7lcnsL-Tne885_kQOOPGIDuox-uxeS/view



