Ce site présente l’utilisation du numérique pour mesurer le réchauffement climatique. Il explore les technologies et méthodes qui permettent d’observer, d’analyser et de visualiser l’évolution du climat. Le contenu est organisé en trois parties :
- Outils numériques : satellites, capteurs, Big Data, modèles climatiques et visualisations de données.
- Étude de cas : application concrète de ces outils pour suivre le climat sur le terrain.
- Publication des résultats : présentation simplifiée des données scientifiques pour le grand public.
I) Les outils du numérique pour mesurer le réchauffement climatique
1. Les satellites : le rôle de la NASA et de l’ESA dans la mesure du réchauffement climatique
Les satellites d’observation de la Terre sont des outils numériques essentiels pour mesurer et analyser le réchauffement climatique. Grâce à leur position en orbite, ils permettent d’observer la planète de manière continue et à l’échelle mondiale, y compris dans des zones difficiles d’accès comme les océans ou les régions polaires. Ces observations globales sont indispensables pour comprendre l’évolution du climat sur le long terme.
La NASA (National Aeronautics and Space Administration), agence spatiale américaine, joue un rôle majeur dans l’étude du climat. Elle développe et exploite de nombreux satellites spécialisés dans l’observation de la Terre. Ces satellites mesurent la température de l’atmosphère et des océans, la fonte des glaciers, l’évolution du niveau des mers, ainsi que la concentration des gaz à effet de serre. Les données collectées par la NASA sont traitées à l’aide de systèmes informatiques avancés et mises à disposition des scientifiques du monde entier, contribuant ainsi à une meilleure compréhension du réchauffement climatique.
L’ESA (Agence spatiale européenne) est également un acteur central dans ce domaine. Elle coordonne des programmes spatiaux destinés à surveiller l’environnement et le climat, notamment à travers le programme Copernicus. Les satellites Sentinel, développés dans ce cadre, fournissent des données très précises sur l’état des océans, des glaces, des sols et de l’atmosphère. Ces informations sont utilisées pour suivre les changements climatiques, mais aussi pour anticiper certains risques environnementaux.
Les données produites par ces deux organismes sont ensuite analysées grâce à des outils numériques performants, comme des algorithmes de traitement d’images et des modèles informatiques. Le croisement des données issues de différentes missions permet d’améliorer la fiabilité des résultats et de confirmer les tendances observées, telles que l’augmentation globale des températures ou la diminution des surfaces glacées.
Ainsi, la collaboration entre agences spatiales internationales et l’utilisation des technologies numériques permettent de mesurer le réchauffement climatique de manière précise et objective. Les satellites de la NASA et de l’ESA constituent une base scientifique essentielle pour comprendre les transformations actuelles du climat et pour orienter les politiques environnementales à l’échelle mondiale.
La vidéo ci-dessus provenant du site de la NASA montre l’évolution en degré Celsius du climat dans le temps de 1880 à 2025 (on constate une réelle augmentation des températures par an à partir de la fin des Trente Glorieuses)
2. Les capteurs et le Big Data : une mesure continue du climat
Pour mesurer le réchauffement climatique avec précision, les scientifiques ne se reposent pas uniquement sur les satellites. Ils utilisent également de nombreux capteurs numériques installés directement sur le terrain. Ces dispositifs permettent de collecter des données de manière régulière et d’observer les évolutions du climat au plus près de la réalité.

2023 est l’année la plus chaude jamais enregistrée selon Copernicus. (Environnement.gouv)
Les capteurs sont présent dans des environnements très variés :
- Stations météorologiques automatiques : mesurent quotidiennement : température, précipitations, humidité de l’air.
- Océans : bouées équipées de capteurs enregistrent la température de l’eau et son acidité.
- D’autres capteurs sont installés dans les glaciers, les forêts ou les zones urbaines afin d’étudier des phénomènes comme la fonte des glaces, l’évolution des écosystèmes ou l’augmentation des températures en ville.

L’ensemble de ces dispositifs produit une quantité considérable de données. Chaque mesure est transmise à des systèmes informatiques qui les stockent et les organisent. Cette accumulation massive d’informations est appelée Big Data. Sans les outils numériques, il serait impossible d’exploiter efficacement un tel volume de données.
Grâce à des programmes informatiques et à des algorithmes d’analyse, les scientifiques peuvent comparer les données entre différentes régions et sur de longues périodes. Cela permet de repérer des évolutions lentes mais significatives, comme la hausse progressive des températures moyennes ou la modification des régimes climatiques. Le croisement de plusieurs sources de données permet également de rendre les résultats plus fiables.
3. Les modèles climatiques, prévoir l’évolution du climat grâce à l’informatique
Les outils numériques ne servent pas uniquement à mesurer le réchauffement climatique, ils permettent également d’anticiper son évolution. Pour cela, les scientifiques utilisent des modèles climatiques, qui sont des programmes informatiques capables de simuler le fonctionnement du climat à partir de données réelles.
Les modèles climatiques reposent sur des lois physiques connues, comme la circulation de l’atmosphère, les échanges de chaleur entre les océans et l’air, ou encore le cycle du carbone. Les données collectées par les satellites et les capteurs au sol sont intégrées dans ces modèles afin de reproduire le plus fidèlement possible le climat actuel. Une fois ces modèles validés, les chercheurs peuvent tester différents scénarios d’évolution du climat.
Grâce à la puissance de calcul des ordinateurs, et en particulier des supercalculateurs, il est possible de simuler le climat sur plusieurs décennies. Les modèles permettent par exemple d’estimer l’évolution des températures, la fréquence des événements climatiques extrêmes ou encore les conséquences d’une augmentation ou d’une réduction des émissions de gaz à effet de serre. Ces simulations ne donnent pas des prédictions exactes, mais des tendances fiables basées sur des hypothèses scientifiques.
Les modèles climatiques jouent un rôle central dans les rapports scientifiques internationaux, notamment ceux du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Ils fournissent des éléments essentiels pour comprendre les risques liés au réchauffement climatique et pour orienter les décisions politiques et environnementales.
II) Étude d’un cas concret
1. La mer monte : les données le prouvent

Enfin, il faut distinguer niveau global et niveau local. Le niveau de la mer ne monte pas exactement au même rythme partout, car il dépend aussi des courants, des vents, des variations régionales de température, et des mouvements du sol (par exemple la subsidence : un terrain qui s’affaisse). Résultat : une ville côtière peut subir une hausse plus forte (ou parfois plus faible) que la moyenne mondiale, ce qui explique l’importance des cartes et des données locales dans une étude de cas
La montée du niveau de la mer correspond à l’augmentation progressive du niveau moyen des océans sur le long terme. Elle est l’un des signaux les plus clairs du réchauffement climatique, car l’océan absorbe une grande partie de l’excès de chaleur de la planète et réagit aussi à la fonte des glaces continentales.
Deux mécanismes expliquent l’essentiel de cette hausse. D’abord, la dilatation thermique : quand l’eau se réchauffe, elle prend plus de volume, donc le niveau monte même si la quantité d’eau ne change pas. Ensuite, l’augmentation de la masse d’eau océanique : la fonte des glaciers et des grandes calottes (Groenland, Antarctique) ajoute de l’eau aux océans. Le graphique ci-dessus illustre justement cette “décomposition” : une partie de la tendance vient de la dilatation thermique, l’autre de l’ajout d’eau, et leur somme donne la tendance totale.

2. Le numérique le rend visible
Satellites Altimétriques (L’œil global)
Les satellites comme Sentinel-6 ou les historiques Jason mesurent la « topographie » de la surface océanique.
Le principe : Le satellite émet une onde radar vers la mer. Il mesure le temps que met cette onde pour revenir. Connaissant la vitesse de la lumière, il calcule la distance d entre lui et l’eau.
L’équation simplifiée : Si H est l’altitude précise du satellite (connue grâce au GPS) et R la distance mesurée par le radar, la hauteur de la mer (h) est : h=H−R. C’est grâce à eux qu’on sait que l’océan monte en moyenne de 3,4 mm/an à l’échelle mondiale.
Contrairement aux satellites qui survolent le large, les marégraphes sont fixés sur la côte (souvent dans les ports). le principe est simple Un capteur (souvent un tube acoustique ou un radar) mesure verticalement le niveau de l’eau par rapport à un point fixe sur terre (le « zéro hydrographique »). Ils sont essentiels pour comprendre l’impact concret sur une ville précise. Ils capturent des phénomènes que les satellites voient mal, comme les marées locales ou les tempêtes. malheureusement Ils mesurent le niveau relatif. Si la terre s’enfonce (subsidence), le marégraphe dira que l’eau monte, même si l’océan global ne bouge pas.

3. Étude de cas — Le Havre (France) : projections de montée du niveau de la mer (IPCC AR6 / NASA)
Pour illustrer concrètement la montée des eaux, on peut utiliser une localisation réelle mesurée par un marégraphe : Le Havre (station PSMSL ID 453, France). Cette station possède une longue série de mesures (1938–2024), ce qui en fait un bon point d’ancrage pour comparer observations et projections.



L’IPCC AR6 Sea Level Projection Tool (NASA) permet de visualiser et télécharger des projections de montée du niveau de la mer issues du 6ᵉ rapport d’évaluation du GIEC (AR6). L’objectif est de rendre ces projections plus accessibles grâce à des graphiques et des cartes interactives. L’outil affiche des projections globales et régionales sur la période 2020–2150, et montre comment les résultats varient selon les scénarios climatiques. Il est aussi possible de cliquer sur une zone (ou choisir une station) pour obtenir une projection localisée, et d’examiner les contributions de différents processus physiques à l’élévation future du niveau marin. Dans la vue “Scenario” de l’outil NASA, chaque scénario correspond à une trajectoire possible d’émissions et de réchauffement (ex. scénario plus sobre vs scénario plus émetteur). Le graphique permet de relever, pour Le Havre, les valeurs projetées à des échéances clés (2050, 2100, éventuellement 2150) ainsi qu’une fourchette d’incertitude. On observe généralement que les scénarios restent relativement proches à moyen terme, mais se séparent davantage en fin de siècle, ce qui illustre l’importance des choix d’émissions à long terme.
Le numérique est essentiel pour prévoir la montée du niveau de la mer, car il transforme des phénomènes complexes en résultats compréhensibles et exploitables. Grâce aux satellites, aux stations marégraphiques et aux modèles climatiques, on collecte des données massives et continues, puis on les analyse avec des outils informatiques capables de simuler différents scénarios d’émissions. Ces simulations produisent des projections chiffrées (ex. 2050, 2100) et des fourchettes d’incertitude, ce qui permet de comparer les futurs possibles. voici quelque chiffre:
d’ici 2050 (en mètre)
D’ici 2100(en mètre)
À l’horizon 2150(en mètre)
À l’horizon 2200(en mètre)
III) Une publication plus simple des résultats scientifique
Le numérique a profondément transformé la manière dont les résultats scientifiques sur le réchauffement climatique sont publiés et diffusés. Autrefois réservées aux revues spécialisées, ces données sont aujourd’hui accessibles au grand public grâce aux plateformes numériques. Cette diffusion élargie est essentielle car le réchauffement climatique est un phénomène global, complexe et urgent, qui nécessite une compréhension collective pour pouvoir agir efficacement.
1. Les émissions de vulgarisation scientifique sur les plateformes numériques
Les plateformes numériques jouent un rôle central dans la vulgarisation scientifique. Elles permettent de rendre compréhensibles des données complexes grâce à des vidéos, des animations et des graphiques interactifs. Les émissions et contenus en ligne s’appuient sur les travaux scientifiques, notamment les rapports du GIEC, pour expliquer les causes et les conséquences du réchauffement climatique.
Selon le GIEC, la température moyenne mondiale a déjà augmenté d’environ +1,1 °C depuis l’ère préindustrielle. Cette hausse est directement liée à l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre, principalement le dioxyde de carbone.
- Chaînes YouTube scientifiques (Le Réveilleur, Science Étonnante)
- Émissions d’ARTE comme Le Dessous des Cartes
- Podcasts scientifiques accessibles au grand public
- Documentaires climatiques sur les plateformes de streaming
- Ces formats touchent un public très large et participent à la sensibilisation des jeunes générations.
2. L’utilisation des réseaux sociaux pour diffuser et s’organiser
3. L’utilisation des collectifs et de la communication numérique
Comment les collectifs utilisent-ils le numérique pour sensibiliser au réchauffement climatique ?
Les collectifs engagés dans la lutte contre le réchauffement climatique, comme Greenpeace, Youth for Climate, Alternatiba ou le WWF, utilisent le numérique pour diffuser des informations scientifiques, sensibiliser le public et mobiliser les citoyens. Grâce aux sites web, newsletters, blogs et réseaux sociaux, ils rendent accessibles des données scientifiques complexes, telles que l’augmentation de la température moyenne mondiale de +1,1 °C depuis l’ère préindustrielle ou la hausse du niveau des océans d’environ 20 cm depuis 1900.
Ces collectifs transforment les rapports scientifiques en contenus visuels et pédagogiques : infographies, vidéos explicatives, cartes interactives et animations permettent de montrer concrètement les effets du réchauffement climatique et les conséquences des actions humaines sur l’environnement.
En quoi le numérique facilite-t-il la coordination et l’action collective ?
Le numérique permet aux collectifs de s’organiser rapidement et efficacement, à l’échelle locale, nationale et internationale. Les outils numériques tels que Zoom, Google Meet, Discord, WhatsApp ou les plateformes collaboratives permettent de partager des documents scientifiques, de planifier des événements et de coordonner des actions collectives comme des marches pour le climat, des conférences ou des campagnes de sensibilisation.
En plus de la coordination, le numérique renforce l’impact des messages. Les campagnes et publications peuvent être partagées à grande échelle, touchant des milliers, voire des millions de personnes. Cette diffusion rapide transforme les résultats scientifiques en actions concrètes, encourageant le public à s’engager et à faire pression sur les décideurs politiques pour des mesures contre le réchauffement climatique.
Sources et approfondissement
