Impact de l’écologie sur l’environnement

Partie 1 :

Une empreinte écologique croissante liée aux usages numériques



Partie 2 :


Même si les déchets électroniques (ou e-déchets) sont de plus en plus visibles dans le débat public, le recyclage réel reste largement insuffisant. À l’échelle mondiale, environ 22 % seulement des e-déchets sont collectés et recyclés dans des filières officielles. Le reste est soit stocké dans les foyers, soit jeté avec les déchets classiques, soit traité dans des circuits informels, souvent très polluants.

Plusieurs facteurs expliquent ce faible taux de recyclage. D’abord, les équipements numériques sont composés de matériaux nombreux, miniaturisés et fortement imbriqués, ce qui rend leur démontage complexe et coûteux. Les métaux rares qu’ils contiennent sont difficiles à extraire, ce qui limite leur valorisation économique.
Ensuite, une partie importante du recyclage est délocalisée vers des pays aux normes environnementales et sanitaires faibles. Dans ces territoires, le traitement des e-déchets se fait souvent de manière artisanale, entraînant une pollution des sols, de l’air et de l’eau, ainsi que des risques sanitaires pour les populations locales.

Enfin, de nombreux appareils ne sont pas conçus pour être réparés ou recyclés facilement. L’absence de standardisation, l’utilisation de composants propriétaires ou collés, et la faible transparence des fabricants freinent le développement de filières efficaces.

Quelles conséquences ?

Malgré certaines avancées réglementaires, le recyclage reste un maillon faible du cycle de vie du numérique. Tant que les produits ne seront pas pensés dès leur conception pour être durables, réparables et recyclables, une grande partie des ressources restera perdue, prolongeant ainsi les impacts environnementaux du numérique.


Par exemple, quels pays peuvent fabriquer le plus de puces électroniques ?

Comme le montre ce graphique, qui illustre la part de la capacité mondiale de fabrication de semi-conducteurs, par pays/région en 2022, la fabrication de puces électroniques n’est pas répartie de manière équitable dans le monde. Environ 70% de la capacité mondiale de fabrication de semi-conducteurs se concentre en Corée du Sud, à Taïwan et en Chine, tandis que les Amériques représentent environ 8%. En somme, ces données montrent que la fabrication de semi-conducteurs est un terrain de compétition globale, où la capacité industrielle se traduit directement en avantages économiques, emplois spécialisés, et pouvoir d’influence sur l’innovation technologique mondiale.

Source : SEMI 300mm Fab Outlook to


– Empreinte carbone du numérique
– Gaz à effet de serre (GES)
– Data centers
– Intelligence artificielle générative
– Métaux rares
– Extraction minière
– Artificialisation et destruction des écosystèmes
– Obsolescence programmée
– Déchets électroniques (e-déchets)
– Dépendances géopolitiques


Côme Lemétayer & Vincent Pitrou

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Le droit d’auteur et les logiciels libres

Partie 1 :

LE DROIT D’AUTEUR APPLIQUÉ AUX LOGICIELS


Cadre légal et droit moral

Le droit d’auteur appliqué aux logiciels ne se limite pas à une protection théorique : il s’inscrit dans un secteur économique majeur et concerne une part importante de la création intellectuelle contemporaine. Les logiciels sont aujourd’hui au cœur de l’innovation, ce qui renforce l’importance de leur encadrement juridique.
Chiffres clés :
– Le marché mondial du logiciel dépasse 600 milliards de dollars
– En France, 100 % des logiciels sont automatiquement protégés dès leur création (pas de dépôt obligatoire)
– Les logiciels représentent plus de 25 % des œuvres protégées déposées dans certains organismes de protection intellectuelle
– En entreprise, la majorité des logiciels sont créés par des salariés, et les droits patrimoniaux sont automatiquement transférés à l’employeur


Droits patrimoniaux (représentation et reproduction)

Les droits patrimoniaux jouent un rôle central dans l’exploitation des logiciels, notamment à travers leur diffusion et leur reproduction. Cependant, ces usages s’accompagnent de nombreux enjeux, en particulier liés au piratage et aux nouvelles formes de distribution numérique.
Chiffres clés :
– Environ 37 % des logiciels dans le monde sont utilisés sans licence
– Ce taux peut atteindre plus de 70 % dans certaines régions
– Le piratage représente plus de 40 milliards de dollars de pertes par an
– Plus de 70 % des entreprises utilisent des logiciels en cloud (SaaS)


Partie 2 :

LES LOGICIELS LIBRES : UNE ADAPTATION DU DROIT D’AUTEUR


Le copyleft repose sur un retournement ingénieux du droit d’auteur. Là où ce dernier confère traditionnellement à son titulaire le droit d’interdire toute reproduction ou modification non autorisée, le copyleft utilise ce même monopole légal pour imposer la liberté. L’auteur conserve ses droits patrimoniaux, il ne les abandonne pas, mais les mobilise à rebours : il autorise explicitement la copie, l’étude, la modification et la redistribution, à la condition que toute œuvre dérivée soit distribuée sous les mêmes termes. C’est cette clause dite « virale » qui garantit la pérennité du régime : la liberté ne peut pas être captée, elle se propage avec le code.

Source : Claude IA — schéma illustrant un paradoxe : même outil juridique (le droit d’auteur), résultats opposés.



– Les logiciels sont protégés par le droit d’auteur sans formalité.
– Le droit d’auteur comprend une dimension morale et une dimension patrimoniale.
– Le droit moral protège l’auteur (paternité, respect de l’œuvre, divulgation).
– Le droit patrimonial permet de contrôler l’exploitation (représentation et reproduction via licences).
– Des exceptions existent : usage normal et copie de sauvegarde autorisés. – Logiciel libre (Free Software Foundation, Stallman) – Copyleft et clause virale – Licences permissives vs restrictives – Open Source Initiative (1998) – Creative Commons et modularité des droits


Côme Lemétayer & Vincent Pitrou

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Les plateformes numériques (B)

Informatique

  • I. La désintermédiation et la reconfiguration des marchés
  • II. Une transformation profonde du travail et des formes d’emploi
  • III. Les défis de la régulation et de la souveraineté économique
  • I. Modèles de revenus liés
  • II. Lorsque l’usage devient la source de revenus
  • III.Lorsque l’usage devient la source de revenus
  • I. La donnée comme ressource stratégique essentielle
  • II. Le rôle déterminant des algorithmes dans la valorisation de la donnée
  • III. La donnée comme levier de domination et d’expansion

Partie 1 :

Les plateformes : une nouvelle intermédiation dans l’économie

I. La désintermédiation et la reconfiguration des marchés

a) Une désintermédiation apparente : la mise en relation directe entre offre et demande.

Les plateformes numériques (Uber, Airbnb, Amazon Marketplace, Vinted, etc.) ont bouleversé le fonctionnement traditionnel des marchés en supprimant ou redéfinissant les intermédiaires.

Avant les plateformes, les échanges étaient encadrés par des structures établies (agences, distributeurs, détaillants, transporteurs, etc.) qui contrôlaient l’accès au marché.

Les plateformes permettent désormais une mise en relation directe entre offre et demande grâce à la donnée et aux algorithmes.

Exemple : Uber remplace les compagnies de taxi par une interface algorithmique ; Airbnb fait de chaque propriétaire un potentiel hôtelier.

b) Une re-intermédiation numérique : les plateformes comme nouveaux acteurs dominants

Mais loin de supprimer les intermédiaires, les plateformes en créent de nouveaux, plus puissants : elles-mêmes.

Elles contrôlent l’accès aux utilisateurs (grâce à la donnée et à l’effet de réseau), fixent les règles (notation, prix, conditions d’utilisation) et captent une rente de plateforme.

Cette plateformisation de l’économie engendre une économie d’intermédiation algorithmique, où le pouvoir de marché est déplacé vers ceux qui détiennent les données et la visibilité.

Exemple : Doctolib remplace le secrétariat médical traditionnel par une interface de prise de rendez-vous en ligne, faisant de chaque patient un usager autonome du parcours de soins.


II. Une transformation profonde du travail et des formes d’emploi

L’économie des plateformes repose sur une flexibilité extrême du travail, souvent en dehors du salariat traditionnel. Le travail y est morcelé, rémunéré à la tâche plutôt qu’au temps, comme pour les livreurs, chauffeurs ou micro-travailleurs. Ces travailleurs sont juridiquement indépendants mais restent économiquement dépendants : leurs revenus sont instables, leur emploi précaire et leur activité encadrée par des algorithmes de notation ou de désactivation. Certains chercheurs, tels que Nick Srnicek, parlent ainsi d’un véritable « prolétariat numérique ». Toutefois, ces plateformes peuvent aussi offrir une forme d’autonomie et un revenu d’appoint pour certains. En définitive, elles redéfinissent le contrat social du travail et brouillent la frontière entre indépendance et subordination.


III. Les défis de la régulation et de la souveraineté économique

Cette transformation bouleverse les cadres traditionnels de la régulation économique, fiscale et concurrentielle. Les grandes plateformes échappent souvent aux lois nationales : elles localisent leurs profits dans des paradis fiscaux et contournent les normes sociales locales. Les États tentent alors de réguler sans freiner l’innovation, à travers la fiscalité numérique (taxe GAFA), la protection des données (RGPD, Data Act) ou encore la reconnaissance d’un statut spécifique pour les travailleurs des plateformes.

Sur le plan géopolitique, cette mutation crée une nouvelle dépendance, puisque les infrastructures numériques — cloud, intelligence artificielle, réseaux — sont largement contrôlées par des entreprises américaines et chinoises. Face à cela, l’Europe réagit avec le Digital Markets Act et le Digital Services Act pour limiter le pouvoir des géants du numérique.

L’enjeu central reste de restaurer une souveraineté économique et sociale dans un monde dominé par ces acteurs privés.


Partie 2 :

Les modèles économiques des plateformes : entre services et données

I. Modèles de revenus liés

La commission : lorsque la mise en relation vendeur / client donne lieu à une transaction, alors la plateforme reçoit une rémunération. C’est typiquement le cas d’Amadeus qui reçoit une commission en fonction du trafic généré

Les modèles Freemium : la solution de base est gratuite (elle s’applique sur une offre limitée ou alors elle suppose que l’utilisateur accepte la publicité par exemple). En revanche ce qui est payant c’est l’offre complète ou sans publicité. Exemple typique dans l’industrie de streaming musical avec Spotify ou Deezer,

Le modèle par abonnement : le client paie un abonnement pour avoir accès au service proposé. C’est le cas par exemple, de Netflix

Le modèle service and Product Sales: La plateforme vend aussi ses propres produits ou services, en concurrence directe avec les vendeurs tiers. exemple : Amazon, Apple.

Le modèle Admission Fee: Le fait de payer pour publier une offre, une annonce ou une demande sur la plateforme.


II. Publicité et diversification : des revenus au cœur de la domination des plateformes

a) L’économie de l’attention comme moteur de rentabilité

Les plateformes numériques tirent une grande partie de leurs revenus de l’exploitation des données personnelles générées par leurs utilisateurs. Chaque action en ligne — une recherche sur Google, un like sur TikTok ou une discussion sur Facebook — produit des informations permettant de profiler les individus avec une précision croissante. Ces données sont ensuite utilisées pour proposer de la publicité ciblée, extrêmement rentable car adaptée aux comportements, aux centres d’intérêt et même aux intentions d’achat des internautes.

Ce modèle repose sur l’économie de l’attention : plus l’utilisateur reste connecté, plus la plateforme collecte de données et peut vendre d’espaces publicitaires à forte valeur ajoutée. La captation du temps et de l’attention devient ainsi un objectif stratégique guidant le design des interfaces et les algorithmes de recommandation.

b) Vers une emprise croissante sur l’ensemble de la chaîne numérique.

Parallèlement, les géants du numérique cherchent à diversifier leurs sources de revenus afin de consolider leur domination économique. Ils développent des services complémentaires qui s’intègrent à leur écosystème existant : solutions de paiement (Apple Pay, Amazon Pay), services logistiques et abonnements premium (Amazon), stockage et traitement informatique via le cloud (Google Cloud, Amazon Web Services), équipements connectés, contenus audiovisuels, etc.

Cette stratégie d’intégration verticale permet aux plateformes de contrôler des pans entiers de l’économie numérique et de renforcer la dépendance des entreprises et des utilisateurs à leurs infrastructures. La diversification devient ainsi un levier de croissance, mais aussi de pouvoir sur le marché.


III) Transformer l’attention en profit : un modèle économique addictif

Dans le numérique, l’attention des utilisateurs est devenue un enjeu économique majeur. Les plateformes conçoivent leurs interfaces pour encourager un usage prolongé : contenus qui défilent sans fin, alertes constantes, récompenses sociales… Ces dispositifs, inspirés de la psychologie comportementale, créent des habitudes qui incitent les individus à revenir sans cesse. Le temps passé sur ces services n’est pas neutre : il est converti en valeur marchande. L’attention devient une ressource commercialisée auprès d’entreprises qui cherchent à toucher un public fortement captivé. Dès lors, les plateformes orientent leurs choix vers les contenus les plus attrayants ou émotionnels, parfois au détriment de la qualité ou de l’esprit critique. Ce modèle pose des enjeux éthiques importants : risque de dépendance, manipulation des comportements, influence sur les opinions. Derrière la gratuité des services se cache ainsi un système où l’attention humaine est exploitée pour générer du profit.

« Si c’est gratuit, c’est vous le produit. » Andrew Lewis

En 2023, Meta (Facebook, Instagram, etc.) a généré plus de 131 milliards de dollars de revenus publicitaires. Ce chiffre témoigne de l’importance cruciale de la publicité dans le modèle économique du groupe, qui dépend presque entièrement de ces recettes pour financer ses activités.

Du côté de Google (Alphabet), les revenus publicitaires ont atteint 224,47 milliards de dollars en 2022, représentant une part majeure du chiffre d’affaires total de l’entreprise. Ces montants reflètent à la fois la taille de l’audience des services proposés par Google et l’efficacité de ses outils de ciblage publicitaire.

L’ensemble du marché publicitaire numérique est fortement concentré : les trois géants Google, Meta et Amazon captent plus de 60 % du marché mondial. Cette domination souligne l’existence d’un oligopole numériquequelques plateformes majeures contrôlent une large partie de la publicité en ligne, renforçant ainsi leur pouvoir économique et stratégique à l’échelle mondiale.


Partie 3 :

La donnée, moteur du pouvoir des plateformes numériques

I. La donnée comme ressource stratégique essentielle

a) Une collecte permanente des données

Les plateformes numériques tirent une part décisive de leur puissance de la quantité et de la variété des données qu’elles collectent en permanence. Chaque action effectuée par un utilisateur génère une trace exploitable.

Cette masse d’informations crée une véritable ressource stratégique : elle permet aux plateformes de comprendre les comportements individuels et collectifs avec une précision inédite. Dans cette logique, la donnée n’est plus un simple sous-produit du numérique ; elle devient un actif fondamental, comparable à un capital que l’on accumule et valorise.

Cet avantage constitue une barrière à l’entrée pour d’éventuels concurrents, incapables de rivaliser face aux géants déjà en possession de milliards de données.

b) Des exemples de données collectées

1- Données personnelles :

  • Nom, prénom
  • Adresse mail
  • Numéro de téléphone
  • Photos de profil
  • Dates de naissance
  • Identifiants de compte

2- Données de navigation :

  • Historique de recherche
  • Pages visitées
  • Temps passé sur chaque page
  • Liens cliqués

3- Données d’activité sur la plateforme :

  • Likes, commentaires, partages
  • Messages envoyés et reçus
  • Amis, contacts, abonnements
  • Contenus publiés

4- Données d’achat et de consommation

  • Produits consultés
  • Commandes passées
  • Modalités de paiement

5- Données comportementales et prédictives

  • Heures de connexion
  • Habitudes d’utilisation
  • Préférences supposées

II. Le rôle déterminant des algorithmes dans la valorisation de la donnée

La puissance des plateformes dépend de leur capacité à transformer les données en informations grâce aux algorithmes et à l’intelligence artificielle. En analysant en continu les comportements, ces outils produisent des recommandations, des prédictions et des classements qui orientent les choix des utilisateurs. Ils déterminent ce que chacun voit : contenus, produits, suggestions.

Plus ces recommandations sont pertinentes, plus l’utilisateur reste engagé, ce qui augmente le pouvoir des plateformes sur l’attention, la consommation et l’accès à l’information. Les algorithmes deviennent ainsi un instrument de domination économique (revenus publicitaires) et culturelle (influence sur les usages et les représentations).


III. La donnée comme levier de domination, d’expansion

L’exploitation massive des données entraîne un mécanisme auto-renforçant qui consolide la domination des plateformes. Plus elles attirent d’utilisateurs, plus elles récoltent de données, ce qui améliore leurs services et rend leur écosystème encore plus attractif. Ce cercle vertueux crée des effets de réseau puissants : il devient plus difficile de quitter la plateforme, et presque impossible pour un nouvel acteur de rivaliser.

Cette dynamique favorise l’émergence de quasi-monopoles capables de contrôler des secteurs entiers (recherche, commerce en ligne, réseaux sociaux, mobilité, cloud). La donnée devient ainsi un instrument d’expansion stratégique, permettant aux plateformes de diversifier leurs activités, d’absorber des concurrents et de s’imposer comme infrastructures essentielles du numérique.

Leur pouvoir dépasse alors le simple cadre économique : elles influencent l’opinion publique, les pratiques sociales et même certaines décisions politiques, ce qui démontre à quel point la donnée constitue désormais le moteur principal de leur puissance.


https://www.youtube.com/watch?v=v6fHK9IwhYw


Vincent Pitrou/ Maël Lalsaga/ Matéis Javelot

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